L’impact de l’intelligence artificielle sur la NBA

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Illustration par Jeff

RSPCT, NOAH, HomeCourt. Ces noms ne vous disent sans doute rien. Et pourtant, il se pourrait bien qu’ils soient omniprésents au sein de la NBA dans un futur proche ! Ces innovations, déjà utilisées par plusieurs franchises NBA telles que les Celtics ou les Pacers mais aussi par des programmes universitaires comme Duke et Florida, pourraient modifier la façon d’améliorer son jeu.

Depuis plusieurs années, la NBA vit une vraie révolution statistique : les franchises participent et cherchent à développer des outils permettant de mesurer des données de plus en plus précisément, dans le but de mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles pour réussir.

Décryptage de ces nouvelles technologies qui ont pour but d’optimiser le tir et la shooting form des joueurs professionnels mais aussi amateurs !

HomeCourt : L’application accessible à tous, n’importe quand, n’importe où !

Le 11 juillet dernier, la NBA annonçait s’associer avec l’application HomeCourt (HC) et une entrée au capital de l’entreprise qui la développe. Ce partenariat permet également à HC de faire partie des exercices de développement proposé par la NBA aux jeunes basketteurs du monde entier. Pas mal pour une application lancée il y a à peine un an ! Mais qu’est-ce que ce programme, comment fonctionne-t-il et quelles données permet-il d’obtenir ? (promis, c’est pas un placement de produit ;))

HomeCourt est une application disponible gratuitement sur l’AppStore (/!\ mais pas sur Android) qui permet à ses utilisateurs de “tracker” (comprendre “suivre la trace de”) leurs shoots peu importe le terrain sur lequel ils sont. Pour cela, il suffit juste, d’avoir un trépied pour poser son portable, un panier, de rentrer sa taille et c’est tout ! Une ligne à 3-pts est conseillée, mais n’est même pas obligatoire. L’application fait le reste et détermine automatiquement si le ballon est rentré dans le panier ou non et depuis quelle zone. Finies les sessions passées à mesurer nous-même notre pourcentage au tir ! Si cela est possible, c’est grâce à la technologie, dite, du “machine learning”. Sans rentrer dans les détails, celle-ci consiste à créer un algorithme à partir d’un nombre important d’exemples (ici des shoots). Gratuitement, on peut faire jusqu’à 1 000 tirs par mois mais si on veut en faire plus, il existe des abonnements (allant de 3,33€ à 7,99€/mois) permettant d’augmenter ce nombre. Pour autant, ce n’est pas le seul avantage des abonnements…

L’interface d’HomeCourt

ShotScience : Le puissant outil d’HomeCourt

L’abonnement “Pro” à HC, permet à ses utilisateurs, en plus d’avoir un nombre illimité de tirs, de disposer d’exercices (parfois réalisés par des joueurs NBA tels que Steve Nash ou Joe Harris) pour améliorer son handle, son shoot mais surtout de disposer de ShotScience ! Qu’est-ce que c’est, et que permet-il de plus ?

ShotScience est un outil à l’intérieur de HomeCourt qui permet de mesurer le temps de déclenchement du tir, l’angle au moment où le ballon quitte les mains, la détente, la vitesse, l’angle au niveau des jambes et le type de shoot (layup, lancer-franc…) et de vous donner ces valeurs en temps réel ! Quand on connaît le prix des machines permettant d’obtenir de telles statistiques jusque-là, on comprend mieux l’intérêt de la NBA pour cette application. Seul reproche que l’on peut faire à cet outil : des erreurs de mesures, notamment lorsqu’on tire à l’opposer d’où est positionné le portable.

Voilà à quoi ressemble l’interface de ShotScience !

Une application qui reçoit de plus en plus de soutien

En plus d’avoir séduit la NBA, ce projet a reçu le soutien financier de nombreux joueurs (actuels ou anciens), joueuses et personnalités du basket : Steve Nash (ex-joueur NBA), Bradley Beal (joueur des Wizards), Sue Bird (joueuse au Storm de Seattle) ou encore Mark Cuban (propriétaire de la franchise des Mavericks) ont tous investi dans ce projet. D’après NEX Team Inc., l’entreprise qui commercialise cette application, HomeCourt a “tracké” plus de 25 millions de shoots depuis son lancement (juillet 2018).

NOAH : Plus précis que ShotScience ? Oui, oui, c’est possible !

HomeCourt, c’est bien pour les basketteurs amateurs qui tendent à devenir professionnels, pour autant, ce n’est pas forcément ce qui est le plus utilisé par les équipes de basket professionnelles. Il existe par exemple la machine NOAH crée par Alan Marty. Ce dernier a déterminé, à l’aide d’études, “le shoot parfait” : un angle de 45°, et la position de la balle à 27,96 centimètres dans l’arceau. (voir ci-dessous)

La distance optimale entre l’arceau et le point d’entrée de la balle dans le panier.

En ajoutant la position de la balle dans l’arceau aux éléments déjà mesurés précédemment, les données accumulées permettent à un joueur de savoir précisément pourquoi ses tirs ne rentraient pas à tel spot ou à tel moment. Ce qui peut être utile pour régler ses problèmes aux tirs ! En revanche, pour se le procurer, c’est un tout autre prix que HomeCourt évidemment puisqu’on est entre 2 600 et 4 800 $. Cela reste donc un produit destiné à des franchises.

Et en pratique, les effets sont-ils réellement visibles ?

Maintenant qu’on a parlé de plusieurs technologies utilisées pour améliorer son tir, qu’en est-il de la pratique ? Théoriquement, tout est réuni pour permettre aux joueurs de s’améliorer de manière drastique ou de manière plus modérée. Cependant, a-t-on des preuves des bienfaits de ces outils ?

La réponse est oui ! La preuve la plus parlante est celle d’Admiral Schofield, un joueur de l’université de Tennessee. Après sa 1ère saison en NCAA durant laquelle ses statistiques aux tirs ne sont pas fameuses (30,1 % à 3-pts), il fait la rencontre de John Carter, le PDG de “NOAH Basketball”, l’entreprise qui développe la machine du même nom dont on a parlé précédemment.

En testant NOAH, celle-ci lui répond que son angle au moment où il lâche son ballon est de 55 degrés, soit un angle beaucoup trop élevé. Il a accepté ce que lui disait la machine sans bronché et a travaillé en conséquence. Le résultat fut particulièrement visible : de 30,1 % à longue distance lors de sa saison freshman, il a réussi 41 % de ses tirs à 3-pts sur les 3 saisons suivantes, avec une pointe à 41,8 % ! Cette année, Schofield a été drafté à la 42ème position de la draft 2019 et envoyé aux Wizards. On peut légitimement pensé que NOAH a une part non négligeable dans sa sélection et son entrée en NBA.

Admiral Schofield sous le maillot de Tennessee

Il faut également noter que cette machine est utilisé au Draft Combine pour pouvoir juger les prospects mais ne peut pas être utilisée en match, car la collecte de données trop précises durant les matchs est (pour l’instant ?) interdite par le CBA.

Autre exemple qui montre cette fois le pouvoir de déduction de ces outils : il y a plusieurs années, lors d’une démonstration de la machine NOAH dans les locaux des Nets, John Carter a pu prédire, grâce aux données obtenues, qu’un joueur de l’équipe avait un shoot et une mécanique qui pouvait faire des ravages derrière la ligne à 3-pts. Problème : il n’en prenait aucun. Ce joueur n’était autre que… Brook Lopez ! Aujourd’hui, Lopez est une référence du poste 5 moderne, qui a connu une progression monstre à longue distance et qui a prit la saison dernière pas moins de 512 tirs à 3-pts pour 187 réussites (36,5 %). Une (r)évolution prévisible ?


Sources :

Remerciements :

  • @PhonteNBA qui a testé, m’a donné son retour sur l’application
  • @ATLHawksFR qui m’aura aidé pour l’explication du machine-learning.

2 Comments

  1. hickoryfoodfactory.Com says:

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