Golden State Warriors : tel le phœnix, le guerrier renaîtra-t-il de ses cendres ?

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Illustration par Flo

Parmi les teams ayant le plus évolué à l’intersaison, il en est une qui, à la rédaction, interroge le plus : les Golden State Warriors.

Les médias concentrent leur attention sur les équipes s’étant le plus renforcées lors de la free agency : les Lakers, les Clippers et les Nets. Trois équipes pourtant loin du compte l’année dernière mais qui apparaissent comme des contenders en puissance cette année (surtout pour les équipes de Los Angeles).

Les Warriors semblent enterrés vivants et personne -ou presque- ne les voit passer un tour de playoffs.

L’équipe est-elle définitivement rentrée dans le rang ? All Around – NBA analyse les forces en présence et les perspectives de l’équipe ayant dominé l’Ouest ces cinq dernières années…

Analyse du roster 2019-2020

Côté départs

Kevin Durant (Nets), Andre Iguodala (Grizzlies), Jordan Bell (Wolves), DeMarcus Cousins et Quinn Cook (Lakers), Shaun Livingston (Retraite)

Le départ de KD est bien entendu une perte inestimable pour les Warriors. Non seulement Kevin Durant dispose de stats impressionnantes (26 points et 6,4 rebonds par match en 2018-2019), mais surtout il est l’arme décisive en attaque de part, son adresse, ses pénétrations dévastatrices et ses nombreuses provocations de fautes adverses. L’ancien MVP de la saison 2013-2014 fait de toute façon partie des joueurs irremplaçables au sein de la ligue.

Il en va pas de même d’Andre Iguodala, de Shaun Livingston et de DeMarcus Cousins. Les deux premiers ont rendu d’immenses services à la Dub Nation et ont été précieux dans l’accession aux quatre dernières finales NBA. Néanmoins, le poids des années s’est fait sentir l’année dernière et ils n’ont plus le même rendement ni la même aura sur le terrain. Ils ne peuvent plus faire partie des plans d’avenir des Warriors. S’agissant de DMC, la problématique est différente mais le résultat est le même : Boogie ne s’est jamais véritablement remis de sa déchirure au tendon d’achille et sa blessure à la cuisse au premier tour des playoffs a considérablement réduit son impact de big man : DeMarcus Cousins ne peut plus jouer poste bas, dézone et porte trop le ballon… il n’a jamais vraiment réussi à s’adapter au jeu ultra rapide des Warriors…

Enfin, Jordan Bell et Quin Cook n’ont pas réussi à convertir à tous les espoirs que Bob Myers, le general manager, portait sur eux. Avec des statistiques en recul pour l’exercice 2018-2019, ils n’ont donc pas été conservés.

Arrivées

Jordan Poole (1er tour, 28e choix), Alen Smailagić (2e tour, 39e choix), Eric Paschall (2e tour, 41e choix), D’Angelo Russell (Nets), Willie Cauley-Stein (Kings), Glenn Robinson III (Pistons), Marquese Chriss (Cavs), Omari Spellman (Hawks), Alec Burks (Free Agent)

Les Warriors enregistrent sur le banc des arrivées intéressantes avec Glenn Robinson III, Marquese Chriss et Omari Spellman. Marquese Chriss a été signé pour un an avec le secret espoir de le faire éclore. Drafté en 8e place en 2016, l’ailier fort n’a jamais réussi à trouver sa place au sein des effectifs des Suns et des Rockets. Jouant peu à Cleveland en fin d’année dernière, il dispose de stats honorables pour un role player (5,7 points et 4,2 rebonds). Omari Spellman sera la doublure attitrée de Draymond Green : disposant d’un gabarit puissant (2,03 m pour 125 kg), sa capacité à dézoner et shooter à 3 points en coin pourrait apporter des solutions en attaque, lorsque les titulaires sont sur le banc.

Glenn Robinson III est un ailier polyvalent qui tarde à devenir un joueur reconnu dans la ligue. Ce « 3 and D » dispose d’une qualité athlétique exceptionnelle et de la faculté de rapidement s’insérer dans le système des Warriors. Jusqu’au retour de Klay Thompson, il sera à l’évidence titulaire à l’aile.

Si vous voulez voir, quelle note on a noté à cet intersaison des Warriors, rendez-vous ici : Les carnets de notes de l’intersaison par All Around – NBA : division Pacifique


Deux joueurs majeurs viennent intégrer le roster des Warriors

Willie Cauley-Stein est peut-être le plus sous-estimé des signatures de cette free agency. Il est vrai que ces problèmes comportementaux et ses performances inégales ne plaident pas en sa faveur. Néanmoins, il s’agit d’un vrai pivot poste-bas qui manquait aux Warriors depuis le départ de JaVale McGee…en plus technique, plus agile et plus puissant. Adepte du pick and roll et capable de shooter à mi distance, WCS tournait l’année dernière à 11,9 points et 8,4 rebonds.

Enfin et le meilleur pour la fin, les Warriors enregistrent la signature d’un nouvel All-Star en la personne de D’Angelo Russell. Meneur capable de shooter à mi-distance, à 3 points tout comme driver, D’Lo dispose d’un QI basket très supérieur à la moyenne. Armé d’une qualité athlétique impressionnante, il sera capable de jouer 1 comme 2 en alternance avec Steph Curry. Il est difficile de savoir si son potentiel a atteint son plafond de verre ou s’il ait encore doté d’une marge importante de progression. Steve Kerr dispose là d’un joyau qu’il conviendra de polir et d’adapter au small ball de Steph Curry et Klay Thompson.

Un nouveau style de jeu ou un retour aux sources ?

Adeptes du jeu sans ballon, les Warriors s’appuient essentiellement en attaque sur des shoots à longue distance et un jeu en transition. Jusqu’à l’année dernière, ce système subissait l’alternance d’un jeu en un contre un de Kevin Durant. Néanmoins, le départ de KD met fin (temporairement) au jeu en isolation, aucun joueur de l’effectif actuel des Warriors n’étant capable de prendre le relais du néo-Net avec la même efficacité.

2823 tirs à 3 points ont été pris par les Warriors sur la dernière saison contre 4539 à deux points.

Shot chart des Warriors – saison 2018-2019

Sur les 4539 tirs à 2 points, KD en a tenté près du ¼ (995 shoots).

Shot chart de Kevin Durant – Saison 2018-2019

Ainsi qu’on le voit sur ces deux synthèses, la plupart des tirs pris par KD sont des drives de pénétrations après isolation ou des shoots à mi-distance.

L’arrivée de D’Angelo Russell modifie-t-il la situation en attaque ?

Shot chart de D’Angelo Russell – saison 2018 -2019

Si l’on en croit son spacing de shoots, D’Lo a shooté 635 fois à 3 points contre 882 fois à 2 points. Cela correspond à un ratio de 41 % de shoots pris à 3 points, soit un ratio supérieur à l’équipe de Golden State version 2018-2019 (38 %), équivalent à celui de Klay Thompson (42 %) mais inférieur, tout de même, au ratio de Stephen Curry (60 %).

Shot chart de Stephen Curry – saison 2018-2019

En outre, nous observons que la majorité des shoots à 3 points pris par Klay Thompson sont positionnés à droite du cercle, ceux de Stephen Curry à gauche et ceux de D’Angelo Russell au centre.

Shot chart de Klay Thompson – saison 2018-2019

Les Warriors peuvent donc, selon toute vraisemblance, intégrer D’Lo dans le système du small ball. Steve Kerr n’a-t-il pas annoncé faire jouer en même temps un trio composé de Steph Curry, Klay Thompson et D’Lo ? Tout cela ne pourra se vérifier… qu’après le All-Star break, Klay Thompson étant out jusqu’à cette date, au minimum…

Enfin, la raquette risque d’être plus sollicitée qu’à l’accoutumée : DeMarcus Cousins n’ayant joué proche du cercle qu’à raison de 67 % de ses tirs, tandis que Willie Cauley-Stein shoote à moins de 2 mètres du cercle sur 88 % de ses tentatives.

Cette arme permettra vraisemblablement aux Warriors d’alterner la construction offensive et déséquilibrer leurs adversaires sur les variations de jeu en poste haut (Draymond Green) et poste bas (Willie Cauley-Stein).

Une limite : la défense ou…les blessures ?

Klay Thompson sera à l’infirmerie jusqu’en février, Willie Cauley-Stein est out au moins tout le mois d’octobre… Steph Curry et D’Angelo Russell ont des physiques fragiles…

Les Warriors ne sont déjà pas épargnés par les blessures.. il faudra donc jouer 55 matchs sans leur 2e meilleur joueur, donnant à Steph Curry plus de pression.. et donc plus de fatigue…

La défense pourrait également s’avérer être le point faible de cette équipe : Steph Curry et D’Angelo Russell ne sont pas connus pour être des défenseurs hors pair et l’absence des retraités Andre Iguodala et Shaun Livingston risquent de se faire sentir dès que les Warriors rencontreront une équipe de l’ouest armée à l’aile (Clippers, Lakers par exemple).

Les Warriors disposent d’une équipe plus compétitive qu’il n’y parait et l’apport en attaque de D’Angelo Russell et Willie Cauley-Stein pourrait s’avérer être un vrai atout. Le retour de blessure de Klay Thompson constituera le point de départ de la faculté pour Golden State d’être un vrai contender à l’Ouest. Pour cela, il faudra vérifier la solidité de la défense et éviter aux 2 guards de passer trop de temps à l’infirmerie…

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