Warriors 2020 = Spurs 1997 ?

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Illustration par Jeff

Cauchemar dans la Baie : après la blessure puis le départ de Kevin Durant, le trade d’Andre Iguodala et la grave blessure au genou de Klay Thompson, Stephen Curry s’est fracturé la main. Au minimum 3 mois d’indisponibilité. Comme si cela n’était pas assez, Draymond Green est out jusqu’à mi-novembre et D’Angelo Russell a des problèmes à la cheville (sans oublier les blessures de Kevon Looney, Jacob Evans et Alen Smailagic avant la saison). On évoquait d’ailleurs ce problème de fragilité physique des Warriors dans cet article : Golden State Warriors : tel le phœnix, le guerrier renaîtra-t-il de ses cendres ?

Alors que je partageais ma tristesse et mon soutien à Stephen Curry sur les réseaux sociaux, un internaute (@TBeuret, que je salue) m’a interpellé en me demandant si cette année des Warriors ne ressemblait pas à celle des Spurs en 1997. Après réflexion, il y a des similitudes… mais aussi des différences. On fait le tour !


Les Spurs de la saison 1996-1997

Contexte

Drafté en 1987, David Robinson ne rejoindra les Spurs qu’en 1989 à cause de ses obligations avec la Navy. A partir du moment où il foule le pied sur les parquets NBA, il est dominant à souhait. Les Spurs se mettent à enchaîner les victoires. De la saison 1989-1990 jusqu’à la saison 1995-1996, San Antonio ne gagnera pas moins de 47 matchs par saison. Toutefois, l’équipe de Robinson n’atteindra jamais les finales NBA rencontrant toujours une équipe plus forte qu’elle sur son chemin. Ces Spurs là ont certainement atteint le maximum de leur potentiel avec une finale de conférence en 1995 perdue contre les Rockets. La franchise de San Antonio a clairement besoin de renouveau pour viser plus haut.

La saison 1996-1997

C’est alors qu’à l’orée de la saison 1996-1997, Chuck Person, chef du banc des Spurs, se blesse et est annoncé indisponible pour toute la saison. Quant à lui, David Robinson se blessera au dos pendant la pré-saison avant de se blesser au pied après seulement 6 matchs disputés après son retour (les 6 premiers de l’ère Popovich au coaching). Les Spurs voient alors l’opportunité de faire un gros coup à la draft. Les autres pépins physiques de l’effectif les confortent dans cette option. Ils ne forcent aucun retour de blessure. Les Spurs se mettent donc à tanker avec un Dominique Wilkins cramé, repêché de Grèce en première option offensive.

Le destin…

Le plan se déroule sans accroc et les Spurs finissent la saison avec le 3e pire bilan de la ligue. Par chance, les balles de ping-pong ornées de l’éperon défient les pronostics et permettent aux Spurs de repartir avec le 1er choix de draft. Tout le monde sait déjà qui sera appelé en premier par David Stern le soir du 25 juin 1997 : Timothy Theodore Duncan. A noter que le prodige des Iles Vierges était d’abord prédestiné à un avenir de nageur avant que l’Ouragan ‘Hugo’ ne ravage les installations de natation… à la même époque où Robinson faisait ses débuts avec les Spurs : on appelle ça le destin. La suite de l’histoire, on la connaît. Cinq titres, une longévité sans pareille, une dynastie, une culture estampillée “Spurs” etc.


Les Warriors 2019-2020 : copier/coller ?

Similitudes

La première similitude évidente qui apparaît, c’est la grave blessure du joueur majeur de l’équipe avec seulement quelques matchs joués. Stephen Curry du côté de la Baie et David Robinson au Texas. De plus, la grave blessure de Thompson peut être comparée à celle de Person : 2 joueurs importants qui se blessent avant la saison. On peut également deviner une autre similitude : les Warriors ne vont pas forcer le retour de blessure Thompson ni celui de Curry, comme les Spurs l’ont fait il y a une vingtaine d’années. Le tanking sera sûrement la stratégie numéro 1 à Golden State, comme cela a été le cas à San Antonio. Dernière ressemblance : le meilleur prospect de la draft 2020 est promis à un avenir d’intérieur dominant…

Différences

Premièrement, les Spurs des 90’s auraient rêvé être aussi dominants que les Warriors des 5 dernières années. Certes, les deux équipes sortent de belles périodes avant leurs saisons malchanceuses mais jamais San Antonio n’a eu et aurait pu avoir le succès de cette équipe de Golden State. Les Spurs n’ont pas connu le départ de joueurs majeurs l’été précédent. Quant à eux, les Warriors ont enregistré les départs de Kevin Durant, Andre Iguodala et Shaun Livingston. On peut aussi noter que les Texans n’ont pas eu une telle avalanche de blessures. Les Warriors ont, au moment de l’écriture de ce papier, 7 joueurs à l’infirmerie ! Dernière différence : on n’a pas senti les Warriors en fin de cycle. Oui, ils étaient un peu moins en forme que les années précédentes, mais ils étaient clairement en route pour le three-peat !


Sur certains points, la ressemblance entre les Spurs 1997 et les Warriors 2020 est frappante. Toutefois, il existe bien des différences. Dans tous les cas, on espère pour les Warriors qu’à la suite de cette saison cauchemardesque, ils réussiront à rebondir aussi bien que les Spurs l’ont fait. Ce n’est pas gagné, mais cette franchise de Golden State a toutes les clés en main pour en faire autant… voire mieux !

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