Chick Hearn : The Iron Mic

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Illustration par Arnaud

Airball“, “slam dunk“, “give-and-go“… Tous ces mots ont un seul dénominateur commun : ils ont été créés par Chick Hearn ! Commentateur historique des Lakers des années 60 au début des années 2000, il a connu l’équipe de Wilt Chamberlain, la dynastie de Kobe et Shaq en passant par la rivalité Magic-Bird… Portrait d’un commentateur aussi légendaire que précurseur !

La vie de Francis Dayle Hearn, dit Chick Hearn, débute le 27 novembre 1916 dans un petit village de l’Illinois. Il passera l’intégralité de sa scolarité dans la banlieue Ouest de Chicago, de la primaire à l’université. C’est d’ailleurs au cours de son cursus que son surnom de Chick lui sera attribué : voulant voir sa réaction face à la situation, un coéquipier de son équipe de basket lui fait une “blague” en lui donnant une boîte à chaussure contenant à l’intérieur… un poulet mort ! Chick Hearn était né.

Le basket n’était pas sa seule passion !

En mars 1961, Chick, alors commentateur à l’université de Caroline du Sud, reçoit un appel de la part des Lakers. Déçu du peu de spectateurs présents dans les tribunes pour les premiers playoffs de la franchise à Los Angeles (précédemment à Minnesota), le propriétaire Bob Short veut convaincre Hearn de devenir le commentateur des Lakers. Il accepta et fit ses premières apparitions durant la série contre les Hawks de St-Louis, série durant laquelle les Lakers s’inclineront au terme d’un match 7. La carrière de Chick Hearn pouvait démarrer !

La carrière de Chick Hearn, c’est d’abord celle d’un homme ultra professionnel :

Le 19 novembre 1965, son avion ne peut pas décoller de Fayetteville à cause des intempéries et il ne peut donc pas commenter la victoire de son équipe face aux San Francisco Warriors. Cette absence pourrait être anecdotique… mais elle ne l’est pas : le lendemain démarrera une série de 3 338 matchs consécutifs commentés, série qui s’arrêtera le 16 décembre 2001 car il doit subir une opération du cœur. Cette série aura vu passer toutes les légendes de la franchise : Baylor, Wilt, Jerry West, Magic Johnson, Shaq, Kobe… Au fur et à mesure que la série avançait, elle devenait pour lui une fierté et une obsession.

Chick Hearn quand il voit le niveau des arbitres actuels…

Car la carrière de Chick Hearn, c’est aussi celle d’un homme passionné et dévoué pour son métier : pour rien au monde, il ne manquerait un match des Lakers ! Lors de la saison 2000/2001, en déplacement à Houston, Chick, 83 ans, était vraiment malade au point que ses collègues l’emmenèrent à l’hôpital dans l’après-midi. Malgré les transfusions administrées par les médecins, Hearn dit à ces derniers qu’il doit y aller et qu’il a un match à commenter le soir. Sorti de l’hôpital, il fait un tour à l’hôtel, le voilà changé et prêt pour le match !

Mais la carrière de Chick, c’est aussi et surtout des termes novateurs et des phrases cultes remplies d’humour, si cultes qu’elles ont un nom : les “Chickisms” ! Liste non exhaustive :

  • Airball
  • Give-and-go
  • Slam dunk
  • Finger roll
  • It’ll count if it goes (pour un tir au buzzer)
  • He’s got ice water in his veins
  • Garbage time
  • Matador Defense
  • No harm, no foul

Un peu moins de 4 mois après son opération et la fin de sa série de 3 338 matchs consécutifs, Chick Hearn revient le 9 avril 2002, recevant une standing ovation du Staples Center ! Tout va mieux pour lui malgré une rechute en février. Il prévoit même de continuer à commenter pendant au moins 1 saison…

La standing ovation du Staples !

Mais le 2 août, il tombe chez lui et se blesse sévèrement à la tête. Trois jours plus tard, la nouvelle tombe : nous n’entendrons plus jamais Chick Hearn commenter un match de basketball. Son dernier match aura donc été la victoire des Lakers face aux Nets pour s’adjuger leur 3ème titre consécutif !

Il laisse derrière lui un immense héritage au monde du basketball : son professionnalisme, son sens de la formule et son perfectionnisme auront fait de lui une légende du jeu. La NBA et les Lakers ne s’y sont pas trompés puisqu’ils ont respectivement intronisé aux Hall Of Fame et retiré son maillot avec le numéro 3 338 saluant ainsi sa longévité hors du commun. Il n’y a plus de doute : le Freak, c’est Chick !

Le Best-Of !

Sources :

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