New Orleans Pelicans : peuvent-ils vraiment voler très haut avec 130 kilos sur le dos ?

Posted on
Illustration par Jeff

Chamboulement, coup de pouce du destin à la draft 2019, travail d’orfèvre de David Griffin – vice président des opérations basket – sont les ingrédients qui entourent la hype actuelle autour de l’équipe des Pélicans.

Cependant, la blessure ou la fragilité de Zion Williamson, les mauvais résultats du début de saison ainsi que la rumeur naissante d’un trade de Jrue Holiday sont des éléments qui viennent freiner, voire casser les attentes des fans et les ambitions des Pelicans.

L’avenir sera-t-il radieux en Louisiane ?

Les mauvais résultats du début de saison laissent penser le contraire, mais il faut un peu de temps pour que cette nouvelle équipe apprenne à gagner ensemble et les dés sont probablement pipés par l’absence de Zion Williamson…

La complémentarité du roster 2019-2020 et des ex-Lakers libérés

9 arrivées, 8 départs : c’est la transformation chez les Pelicans, elle est le résultat du dénouement du « drama » Anthony Davis.

Arrivées : Zion Williamson, Jaxson Hayes, Nickeil Alexander-Walker, Brandon Ingram, Lonzo Ball, Josh Hart, Derrick Favors, JJ Redick, Nicolo Melli.

Départs : Anthony Davis, Elfrid Payton, Julius Randle, Cheik Diallo, Stanley Johnson, Solomon Hill, Christian Hood, Dairis Bertans.

Sur le papier, ce mélange de joueurs d’expérience, d’une superstar en puissance et de jeunes revanchards est particulièrement excitant. Un backourt Ball-Holiday est prometteur tandis que les apports de Derrick Favors à l’intérieur et de JJ Redick en qualité de sniper seront bénéfiques pour encadrer ces jeunes à fort potentiel.

A propos des performances individuelles des ex-Lakers, monnaie d’échange d’AD, on ne peut que constater la libération de ces joueurs.

Brandon Ingram :

Année Équipe MJ Min Pts %Tirs %3pt Reb PD Int Blk
2019 Pelicans 9 32.1 25.9 53.7 46.9 7.3 3.9 0.8 0.9
2018 Lakers 52 33.8 18.3 49.7 33.0 5.1 3.0 0.5 0.6
2017 Lakers 59 33.5 16.1 47.0 39.0 5.3 3.9 0.8 0.7
2016 Lakers 79 28.8 9.4 40.2 29.4 4.0 2.1 0.6 0.5
Carrière 199 31.7 14.4 46.3 34.5 4.8 2.9 0.7 0.6

Ses statistiques sont en hausse dans tous les secteurs et son impact sur le jeu est bien plus visible. Ingram a d’ailleurs établi son record de carrière en plantant 40 points contre les Nets. Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’apprécier ses performances qui arrivent à la hauteur des espérances placées en ce joueur.

Lonzo Ball :

Année Équipe MJ Min Pts %Tirs %3pt Reb PD Int BLQ
2019 Pelicans 8 29.0 11.5 41.5 36.7 4.5 6.1 1.6 0.1
2018 Lakers 47 30.3 9.9 40.6 32.9 5.3 5.4 1.5 0.4
2017 Lakers 52 34.2 10.2 36.0 30.5 6.9 7.2 1.7 0.8
Carrière 107 32.1 10.1 38.3 32.0 6.0 6.4 1.6 0.6

Lonzo marque plus, fait plus de passes décisives et son adresse à trois points augmente. L’absence de Zion lui est pourtant la plus préjudiciable dans la mesure où il s’agissait du joueur avec qui Lonzo Ball disposait de la meilleure connexion en pre-season. On attend toujours mieux et toujours plus constant de la part d’un 2nd choix de draft, annoncé comme le nouveau Magic Johnson… Néanmoins, Lonzo Ball semble bien plus concentré sur le basket et son implication devrait finir par payer en terme de régularité.

Josh Hart :

Année Équipe MJ Min Pts %Tirs %3pt Reb PD Int BLQ
2019 Pelicans 10 27.7 12.6 46.2 38.6 6.7 1.4 1.4 0.4
2018 Lakers 67 25.6 7.8 40.7 33.6 3.7 1.4 1.0 0.6
2017 Lakers 63 23.2 7.9 46.9 39.6 4.2 1.3 0.7 0.3
Carrière 140 24.7 8.2 43.8 36.4 4.1 1.3 0.9 0.4

La moyenne de points de Josh Hart a fortement augmenté et il a progressé dans tous les secteurs du jeu. Joueur polyvalent, capable de dribbler, shooter à 3 points mais aussi de défendre, il semble arriver à maturité.

Un départ en trompe l’œil ?

Malgré ces bons facteurs, les résultats collectifs ne sont pas au rendez-vous, les Pelicans pointant dans les trois dernières places de la Conférence Ouest… Sur les 8 premières défaites des Pélicans, aucun vrai blow-out n’est pourtant à signaler, à l’exception peut-être de celle contre les Raptors…

Ainsi, ils ont perdu de :

  • 8 points contre les Raptors.
  • 7 points contre les Mavericks.
  • 3 points contre les Rockets.
  • 11 points contre les Warriors.
  • 11 points contre le Thunder.
  • 10 points contre les Nets.
  • 18 points contre les Raptors.
  • 6 points contre les Rockets.

Si le ratio est très négatif (2-8), les chiffres des défaites sont loin d’être effrayants. En outre et en observant les Pelicans de ce début de saison, leur jeu développé est plutôt agréable à regarder et la naissance d’un groupe se fait sentir. Cette nouvelle équipe doit trouver son identité et apprendre à gagner ensemble.

A ce stade de la saison, il est à noter que la menace offensive se cristallise essentiellement sur Brandon Ingram. Où sont Jrue Holiday et ses 21 points, 7,7 assists et 5 rebonds sur la saison dernière ? S’il délivre presque autant de passes décisives (6,7) et prend toujours autant de rebonds (4,9), sa prestation au scoring est très en deçà (14,1). Cela s’explique en partie par une adresse à 2 points défaillante (43 % cette année contre 53 % l’année dernière) mais peut-être aussi par un changement de système où Jrue Holiday n’est plus l’arme offensive numéro 1 depuis l’arrivée de Zion et Brandon Ingram. Il faut en effet se rappeler que lors de l’éviction d’AD l’année dernière, les Pels se reposaient en attaque sur Holiday..

La question centrale : L’avenir et l’impact de Zion Williamson

Zion pourra-t-il exploiter son potentiel et faire une carrière à la hauteur des attentes et des spéculations ? Annoncé comme une superstar avant d’avoir joué le moindre match de saison régulière, Zion devait être le joueur d’une génération et marquer l’histoire de la balle orange.

En regardant les matchs de pré-saison, on ne peut que donner raison aux différents observateurs. Plus que NBA Ready, il a dominé ses adversaires en compilant 23,3 pts par match, 6,5 rebonds, 2,3 passes décisives et 1,5 interception.

La plupart des experts sont impressionnés par le phénomène. 2,01 mètres, 129 kilos… et une mobilité incroyable. Rudy Gobert l’a confirmé après s’être fait postériser.

De ce qu’on a pu voir, Zion est impressionnant, on pourrait le comparer à une sorte de Larry Johnson – avant blessure – ou de Charles Barkley, mais avec encore plus de potentiel.

La hype était placée. Toutefois, une blessure au genou droit l’a-t-elle effacée au profit d’un feuilleton médical sans fin ? Certains observateurs craignent que son physique soit problématique pour suivre le rythme d’une saison NBA. Il est vrai qu’en moins d’un an, trois blessures sont venues gâcher la fête. La dernière est rageante pour les amateurs de spectacle et pour la ligue elle-même. 6 à 8 semaines d’absence, retour au plus tôt en décembre 2019. Les doutes grandissent et chacun y va de son commentaire. Chris Bosh déclarait récemment que les genoux de Zion risquent de l’empêcher d’atteindre le niveau d’une superstar.

La majorité des observateurs précise évidemment que sa perte de poids est fondamentale. D’autres encore ont des doutes sur son jump shoot et précisent que son style de jeu – très athlétique – est rédhibitoire avec son physique. Il est vrai qu’il devra développer un shoot plus efficace mais aussi ses fondamentaux pour reposer son corps et moins solliciter ses articulations. Il faut avoir à l’esprit qu’à chaque impulsion, ses articulations supportent un poids, non pas de 129 kilos, mais du double, voire du triple… forcément ça use.

Pire encore, pourrait-on revivre le scénario d’un Blake Griffin, out pour toute sa première saison, ou plus récemment celui d’un Joël Embiid ou d’un Ben Simmons…? Dans les théories obscures, certains craignent – sans le vouloir – que Zion subisse le même destin qu’un Greg Oden…

L’avenir nous le dira mais tous les chamans du spectacle éloigneront ces scénarios du pire pour permettre à Zion d’exploiter son extraordinaire potentiel et faire rêver tous les amateurs de basket.

0 Comments

Leave a comment

Your email address will not be published.