Luka Doncic : analyse du phénomène

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Illustration par Jeff

Luka Doncic réalise un début de saison exceptionnel. C’est un secret pour personne. Après une saison rookie plus que prometteuse, Doncic fait plus que confirmer les attentes placées en lui. Toutefois, vous, lecteurs, pouvez vous demander comment le Slovène réalise une saison aussi réussie. Cet article est là pour répondre à vos interrogations !

Des statistiques de mutant !

Luka Doncic, c’est d’abord une domination qui se traduit par des statistiques surhumaines. 30,6 points (à 49,4 % au tir dont 34,7 % à 3 points), 10,1 rebonds, 9,8 passes décisives, 1,4 interception et 4,5 balles perdues. Au-delà des stats dites “brutes”, les statistiques avancées montrent parfaitement sa domination : 33,3 de PER, 63,1 % au TS%, 3,6 de Win Shares, 14,2 de Box Plus/Minus et 2,2 de Value Over Replacement Player. Pour ceux qui ne comprennent pas ces statistiques, on peut résumer en deux idées : il domine outrageusement la ligue et il est extrêmement valuable pour son équipe. En effet, au PER, WS, BPM et VORP, il a la meilleure marque de NBA.

(statistiques arrêtées au 26 novembre 2019)

Décryptage de son jeu

Après les statistiques, passons à l’analyse des séquences de jeu pour décortiquer plus précisément comment il arrive à dominer autant la NBA. Afin d’expliquer ma démarche pour cette sous-partie, je vais employer la première personne pendant quelques lignes. Pour faire l’analyse du jeu de Doncic, j’ai vu énormément de ses séquences de jeu. J’ai décidé de ne choisir que des séquences du match contre les Rockets car c’est un duel contre un contender et car ce match montre toutes les séquences de jeu où il domine. En effet, même si les Rockets ont une défense très moyenne, les séquences qui vont suivre apparaissent dans tous les matchs du Slovène, que ce soit contre une mauvaise, moyenne ou bonne défense.

Le step-back / le tir à 3 points

Chez Doncic, l’un est, en effet, indissociable de l’autre, ou presque. Sur cette première séquence, on retrouve donc l’arme fatale de Doncic : le fameux step-back à 3 points. Une simple séquence de pick and roll s’engage, les Rockets switch et Doncic se retrouve en mini-isolation : il sort sa botte secrète – plus si secrète – et sanctionne à 3 points.

Toutefois, le step-back 3 est très compliqué à réaliser, aussi fort Doncic soit-il. On le remarque sur cette séquence. Alors qu’il reste 12 secondes sur l’horloge des 24, il tente un step-back 3 sur un Capela qui reste bien sur lui. Il y avait sûrement mieux à faire au niveau collectif. On pourrait appeler ça la “face cachée du step-back”.

S’il n’en prend que très peu, il est aussi capable de mettre quelques tirs en catch and shoot, même si c’est loin d’être sa spécialité. Il est, en effet, plus fort en pull-up qu’en C&S (51,6 % d’eFG% contre 44,8 %).

La pénétration et la finition au cercle

Si son step-back 3 est très mentionné quand on parle de Luka, on ne parle que très peu de ses qualités de pénétration vers le cercle, et surtout de finition au panier. Pourtant, il excelle dans ce domaine. Cela se traduit dans les statistiques car il tire à 64,4 % à moins de 2 mètres du cercle, ce qui est excellent.

Sur cette première séquence, face à PJ Tucker, qui est un excellent défenseur on-ball, il attaque le cercle, arrive légèrement à surprendre Tucker mais l’ailier des Rockets arrive à rester sur Doncic. Ce dernier arrive pourtant, grâce à une intelligence dans les appuis, et à une bonne utilisation de son corps à mettre le lay-up avec un toucher soyeux.

Sur cette deuxième séquence, on voit Doncic prendre une mini-isolation sur Rivers avec un pick and roll qui n’a rien donné de concret. L’enchaînement de dribbles qui suit est dévastateur : hésitation marquée, il entraîne Rivers avec sa main gauche puis fait un changement de direction aussi rapide que destructeur avec un dribble entre les jambes. Rivers est débordé. Capela vient aider mais Doncic dépose un floater tout en toucher au-dessus du Suisse. Tout simplement monstrueux.

Ici, on retrouve tout ce qui a été montré sur les séquences précédentes : départ rapide, bonne utilisation du corps pour le drive, bon toucher. En plus de cela, il provoque la faute. Ici, la faute est évidente mais, Doncic est très habile pour provoquer des fautes. Il tire 9,3 lancers francs par match. Son free throw rate, c’est-à-dire son pourcentage de lancers francs tirés par rapport à son nombre de tirs tentés, est de 46,5 %, ce qui est excellent.

Sa qualité de passe

En plus d’être un scoreur insatiable, Doncic est aussi un passeur hors-pair. Sur cette première séquence, la passe est assez facile à réaliser mais il repère bien qu’il a attiré 2 défenseurs et que Maxi Kleber est ouvert. La passe est précise, forte, donnée dans le bon timing. On n’en demande pas plus.

Sur cette dernière séquence, Doncic déborde son défenseur avec son changement de direction dévastateur. Il attaque le cercle facilement. Westbrook vient bien aider et Capela se situe bien entre les deux défenseurs ouverts, peut-être un peu trop vers la raquette. Ici, la défense des Rockets est relativement bonne. Au moment où le Slovène fait son dernier pas, les 5 Rockets regardent vers Doncic. Quand ce dernier saute pour accéder finir au cercle, il fait la passe à Hardaway Jr. dans le corner tout en regardant Kleber. Capela a un temps d’hésitation avant de savoir sur qui monter : Hardaway Jr. est ouvert pour un 3 points dans le corner, le tir le plus efficace du basket.

Pour conclure, Doncic est un prodige offensif. Un monstre qui domine déjà la ligue à seulement 20 ans. S’il améliore un petit peu sa sélection de tirs et qu’il travaille un peu sur sa défense moyenne, il peut, très clairement, devenir le meilleur joueur de NBA dans un futur (très) proche.

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