Calendrier de l’Avent : Bulls vs Knicks de 1994, Scottie en mode “patron”

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Illustration par meak

Pour ce mois de décembre, All Around – NBA vous propose son propre calendrier de l’Avent ! Du 1er au 24 décembre, des articles en rapport direct avec Noël et la NBA ! Bien sûr, nous parlerons des Christmas Day Games mais aussi d’autres choses… On vous laisse le découvrir tout au long du mois !

Pour cette 8e case, on vous plonge au cœur des années 90 avec la rivalité Knicks-Bulls !

Contexte

« I’m Back » : tels sont les mots du communiqué de presse de Michael Jordan le 18 mars 1995, offrant ainsi aux Chicago Bulls la possibilité de retrouver le meilleur joueur de son époque…

Trois mois avant cette annonce, les Bulls sont dans une situation compliquée. A la veille du Christmas Day, ils traînent en milieu de tableau avec un bilan neutre de 12 victoires et 12 défaites. Ils sont orphelins de MJ depuis maintenant un an et demi et, après une année 1993-1994 particulièrement réussie (55v-27d), les Bulls marquent le pas.

L’équipe est d’autant plus amoindrie que Chicago a subi la perte du power forward Horace Grant, véritable figure de proue à l’intérieur. Phil Jackson ne dispose pas de beaucoup de solutions pour le remplacer et il a décidé de jouer avec Toni Kukoc et Scottie Pippen aux ailes, tout en alternant, au poste de pivot, entre Will Perdue et Luc Longley. La ligne arrière est constituée de B.J. Armstrong et Ron Harper.

Et, Chicago ne fait plus peur… Jordan à la retraite, les Knicks ont enfin réussi lors des playoffs 1994 à se défaire de leur ennemi juré en 7 manches… Néanmoins, la défaite de New-York en finales NBA face aux Rockets a laissé des traces : les hommes de Pat Riley ont mal démarré la saison et se retrouvent au Christmas Day avec le même ratio que les Bulls (12v12d).

L’équipe de New-York n’a pas beaucoup évolué depuis la défaite face à Houston, en juin 1994. Pat Riley a récupéré Doc Rivers et Derek Harper mais il doit surtout faire face à la perte de confiance de John Starks. Ce dernier se sent responsable de la défaite des Knicks en finales NBA puisqu’il s’est fait contrer par Olajuwon, en dernière possession du match 6 et qu’il n’a, lors du match 7, que 2 de ses 18 tentatives avec notamment un zéro sur 11 à trois points…

L’occasion est donc belle, pour chacune des deux équipes, devant les caméras de NBC et une diffusion nationale, de marquer les esprits avec une victoire prestigieuse lors du Christmas Day.Au United Center, une guerre de style se joue une fois de plus entre la fameuse « attaque en triangle » de Phil Jackson et la défense de fer de Pat Riley.  

Le match

Pippen commence le 1er quart-temps avec deux 3 points d’affilé, dont l’un en exécutant un step-back à la Michael Jordan.  Sur un rebond défensif mal maîtrisé par Charles Oakley, son ancien coéquipier, Pippen est à l’affût et claque un dunk rageur à une main. Toni Kukoc n’est pas en reste avec 2 shoots mi-distance plutôt difficile à exécuter mais qui rentrent. 

Cependant, le 1er quart-temps est à l’avantage des Knicks (31-22) avec un Patrick Ewing dominant la paire Will Perdue – Bill Wellington. Le 2e quart-temps bascule du côté des Bulls, notamment avec une défense plus agressive et un Scottie Pippen provoquant énormément de fautes. Steve Kerr permet aux Bulls de prendre l’avantage pour la première fois dans ce match. Juste avant la pause, Patrick Ewing et Toni Kukoc se livrent à un joli duel obligeant les deux équipes à rentrer aux vestiaires avec un score de parité (55-55).

C’est dans le 3e quart-temps que Pippen va enchaîner les points avec quelques magnifiques mouvements dos au panier.  A l’entame du 4e quart temps, les Bulls ont pris l’avantage et Pippen totalise déjà 24 points. Il faut toutefois compter sur le jeu en pick and roll d’Ewing (30 points) dans le 4e quart-temps pour ramener les Knicks à hauteur. A une minute de la fin, les Bulls mènent de 4 points (93-89).

Un money time de folie !

C’est alors que le match devient complètement fou. Une fin de match telle qu’on les aime, avec son lot d’improbabilité et d’héroïsme. Charles Oakley réduit le score à 47 secondes de la fin (93-91), avant que Toni Kukoc ne s’offre une action à 3 points avec un flotter and one (96-91). A 22 secondes de la fin, Patrick Ewing reste au contact avec un dunk (96-93). Une faute sur Kukoc permet aux Bulls de mener de 4 points (97-93). Derek Harper réduit le score à 2 points à 08 secondes de la fin (97-95). Ewing fait alors immédiatement faute sur BJ Armstrong qui convertit ses lancer-franc (99-95) : il reste moins de 7 secondes. Une faute de Will Perdue envoie Derek Harper sur la ligne des lancers-francs (99-97).

4,8 secondes : c’est au tour de Kukoc d’avoir 2 lancers francs, après la 6e et dernière faute de Patrick Ewing. Kukoc n’en réussit qu’un seul (100-97) et New-York dispose de 3,3 secondes pour égaliser. C’est alors que l’improbable se produit : sur une longue remise en jeu digne d’un quarterback, Anthony Mason trouve les mains de Steve Kerr qui « volleye » involontairement le ballon pour Hubert Davis qui fait un catch and shoot derrière la ligne à 3 points (100-100) : prolongations.

La prolongation oblige le numéro 33 des Bulls à prendre le jeu à son compte et éteindre les Knicks privés de Patrick Ewing. Toutefois, ils ne parviennent pas à tuer le match. Alors que Chicago mène de 3 points (107-104), le scénario de la fin du match semble se profiler : dans les 10 dernières secondes, la balle revient à Hubert Davis qui tente un 3 points, mais il est contré par Scottie Pippen, lequel continue sa course pour effectuer un second contre sur Greg Anthony, lui aussi posté à 3 points. Fin du match et victoire de Chicago au bout d’un suspense mémorable.

L’histoire retiendra ce double contre de Scottie Pippen en fin de prolongation, symbolisant l’impact défensif de ce dernier, qui, associé aux 36 points et 16 rebonds, en font l’homme de ce match dont l’issue a été digne d’un véritable blockbuster.

Les précédentes cases du calendrier de l’Avent :

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