Finals 1976, Game 5 : entre match historique et règle insolite !

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Illustration par Jeff

De Wilt Chamberlain à James Harden, de tout temps, les joueurs et les coachs ont cherché à jouer avec les limites du règlement. Ce dernier n’a cessé d’évoluer avec le temps, permettant à la NBA de devenir le show que l’on connaît aujourd’hui. Certaines règles ont changé à cause (ou grâce) à un fait de jeu : par exemple, la NBA a été obligée d’adopter l’horloge des 24 secondes pour éviter que les joueurs d’une équipe s’arrêtent de jouer après qu’ils ont pris les devants au score. Et il existe de nombreux exemples de ce type depuis la création de la NBA dans les années 40 ! Aujourd’hui, mise en lumière de l’un d’eux, qui date des finales 1976.

I – Contexte

4 juin 1976. Les Finals, opposant les Suns aux Celtics ont démarré depuis 12 jours et après 4 matchs disputés, les deux équipes sont dos à dos. Boston accueille Phoenix dans son jardin pour un match qui s’annonce déterminant pour la suite de la série. 15 320 personnes se sont déplacées pour assister au match !

II – Les 3 premiers quart-temps

Le match débute sur les chapeaux de roues pour les Celtics et ils mènent 36-18 à la fin du 1er quart-temps. Avec 18 points d’avance à la maison, après un seul quart-temps, on commence à entrevoir la victoire du côté de Boston. Les hommes de Tom Heinsohn rejoignent les vestiaires avec toujours 16 points de plus que leurs adversaires. Mais l’équipe du Massachusetts ne parvient pas à conserver son avance et les Suns remportent le 3e quart-temps 27-16, ce qui nous amène au score de 77-72 en faveur des Cetlics. Le public du TD Garden s’attendait à un dernier quart-temps de folie, mais ne s’attendait sûrement pas à vivre des situations de jeu… insolites.

John Havlicek et son numéro 17 !

III – 3 prolongations et une sombre histoire de temps-mort… 

Le 4e quart-temps bat son plein, Phoenix complète son retour et revient à hauteur de Boston. C’est alors que plusieurs faits de jeux vont créer la controverse : 

95-95. Il ne reste que quelques secondes avant la fin du match. Les Celtics récupèrent la balle et Stephen Silas, demande un temps-mort… sauf que les Celtics n’en n’ont plus. L’arbitre, Richie Powers, semble le voir et doit donc accorder un lancer-franc aux Suns. Il ne le fait pas, et le match part en prolongations !

La 1re ne suffit pas à départager les 2 équipes… C’est reparti pour une 2e prolongation ! C’est à la fin de cette dernière que le principal fait de jeu, et le plus contestable, va se passer. Récit :

Il reste 20 secondes. Boston mène 109-106 (Rappel : la ligne à 3 points n’existe pas encore). Phoenix prend son dernier temps-mort. Remise en jeu pour les Suns. Balle à Dick Van Arsdale qui met un tir dans le corner pour réduire l’écart à 109-108. Boston remet en jeu à John Havlicek mais ce dernier se fait intercepter la balle par Paul Westphal ! Il fait une passe à Dick Van Arsdale, lui-même réalise une extra-pass à Curtis Perry qui prend le tir mais le rate. Havlicek, ne pouvant capter le rebond, tape la balle en direction de Curtis Perry qui tente un autre tir à 5 mètres du panier et le marque ! Phoenix mène 110-109 avec 6 secondes à jouer et semble se diriger vers la victoire… Mais c’était sans compter sur Havlicek qui répond en sortie de temps-mort et permet à Boston de reprendre l’avantage 111-110 !

IV – Les scènes surréalistes et la ruse de Paul Westphal

Cohue dans les gradins et envahissement du terrain pendant que les joueurs de Boston le quittent après que le buzzer sonne… Mais Rick Barry, commentateur pour CBS, fait remarquer que le chrono aurait du s’arrêter et qu’il devrait rester aux Suns 2 secondes pour tenter quelque chose. Les arbitres sont convaincus et demandent aux joueurs de revenir sur le terrain et demandent aux fans de regagner leurs places !

2 secondes à jouer donc, et balle à Phoenix. Problème : Ils ont la balle sous leur panier, et n’ont plus de temps-mort…

C’est alors que la connaissance parfaite des règles NBA de Paul Westphal va (temporairement) sauver les Suns !

Il sait que s’il prend un time-out alors qu’il n’en a plus, il va recevoir une faute technique (et donc donner un lancer-franc à ses adversaires). Pour autant, il va quand même obtenir son temps-mort… et donc pouvoir remettre en jeu en zone avant avec la possibilité d’égaliser ! N’ayant rien à perdre, il s’exécute. En face, Jo Jo White se charge de mettre le lancer.

L’homme de la soirée : Paul Westphal

Pendant que John MacCleod, le coach des Suns, dessine une action pour son équipe, certains fans des Celtics, toujours sur le terrain, essayaient de le distraire ! Remise en jeu. Curtis Perry fait une passe à Gar Heard… qui égalise et envoie les 2 équipes dans une nouvelle prolongation !

Malgré tous les efforts de Paul Westphal et de son équipe, c’est durant la 3e prolongation qu’ils vont craquer et s’incliner 128-126. Les Celtics mènent donc 3-2 dans ces Finals et iront terminer le travail au prochain match. 

V – Que retenir de ce match ?

Au final, ce match restera dans les annales de la NBA mais de manière très contrastée : d’un côté, son scénario est incroyable. Un match très important, serré, des rebondissements dans tous les sens… D’après certains commentateurs et certains spectateurs, c’est même l’un des meilleurs matchs de l’histoire ! De l’autre, un match comportant plusieurs décisions arbitrales contestables (notamment des histoires avec le chrono) et l’utilisation d’une règle absurde qui aurait pu faire grand bruit si les Suns étaient venus à l’emporter.

Aussitôt la saison terminée, la règle sera changée pour devenir celle qu’on connaît aujourd’hui : lorsqu’une équipe demande un temps-mort alors qu’elle n’en a plus, l’équipe adverse obtient un lancer-franc et récupère la balle. N’est-ce pas Chris Webber ?


Les images de la fin du match

Le match en entier (qualité de l’époque)

Sources :

https://en.m.wikipedia.org/wiki/1976_NBA_Finals#Game_5

(On notera cette citation exceptionnelle en miniature)

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