Baron Davis, quand la noblesse s’invite en NBA

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Illustration par Flo

La NBA regorge d’histoires tristes sur des joueurs qui se blessent durement et gâchent ainsi leur prime. Des histoires touchantes que les nouveaux méritent de connaître et qui ont été racontées ici pour certaines. Parmi celles-ci, on retrouve donc Baron Davis. Des actions légendaires, un parcours chaotique et beaucoup d’affections de la part des fans. Voici le programme de la carrière du dragster, qui n’est peut-être pas totalement finie.

L’avant NBA

Tout le monde n’a pas la chance d’arriver en NBA avec une hype dépassant celle de nombreux joueurs établis. En effet, Baron passe toute son enfance à Los Angeles, de l’école à l’université. Une fois arrivé à UCLA, il continue de démontrer tout son potentiel physique et athlétique aux scouts NBA. Son talent permet même à UCLA d’accéder à la March Madness. Mais le début de la longue liste de blessures de Boom Dizzle vient perturber la vie universitaire de Baron. Il monte, il monte, il dunk et… plus de ligaments croisés. Certains joueurs ne se sont jamais remis de ce genre de blessure, encore plus quand le jeu est basé sur le drive et les qualités athlétiques. Mais B-Diddy est un joueur qui n’abandonne pas. Ainsi, il retourne sur les parquets californiens, non sans une intense rééducation et un entrainement en conséquence. Le test de son année sophomore est un succès et son draft stock est presque au plus haut. Il se fait ainsi drafter en 3e position par les Hornets, juste derrière son jumeau caché, Stevie Francis.

L’arrivée Hornets

Direction la Caroline du Nord pour Baron et le banc de Charlotte. Car le banc, c’est bien là où il va débuter la totalité des matchs de son année rookie. Cela ne l’empêche pas de jouer puisqu’il rentre en jeu pour grappiller sa vingtaine de minutes de jeu chaque soir. Ce qu’il montre à Paul Silas réussi à convaincre le coach et après une année en 6 points, 4 passes, 2 rebonds et une interception, il est propulsé titulaire. Ses stats augmentent et son temps de jeu aussi, Bob Bass et les dirigeants des Hornets sont ravis du choix de draft. Davis continue de démontrer ses incroyables qualités physiques à la NBA. Il lui manque cependant un shoot fiable pour étoffer sa palette. Avec 43% au shoot, 31% à 3 points et 67% aux lancers, il peine à scorer autrement que grâce à ses aptitudes de slasher. Mais Boom Dizzle est aussi un joueur complet capable de s’exprimer dans tous les compartiments du jeu. Avec ses 7 passes, 5 rebonds et 2 interceptions, il montre la voie à ses coéquipiers. La voie de la demi-finale de conférence en 2001 après avoir sweepé le Heat. Cette demi-finale est perdue dans un match 7 au cours duquel Baron avait pourtant été particulièrement propre au tir (10 sur 16 au global, 5 sur 8 à 3 points) pour inscrire ses 29 points. Baron Davis ne se démotive pas pour autant.

Un joueur All-Star

La 3e année, celle de la confirmation, est passée avec brio. Baron Davis joue 40 minutes chaque soir et nous gratifie de 18 points et 8 passes de moyenne par soir, dont 2 pointes à 38 points, 32 double-doubles points-passes et un triple double contre sa future franchise, les Golden States Warriors (peut-être impressionnés par la performance qu’ils venaient de voir). Il est logiquement élu All-Star pour la première fois de sa carrière et porte une nouvelle fois les Hornets jusqu’en demi-finale de conférence. Mais la marche est une nouvelle fois trop haute contre la bande de Jason Kidd. L’ambiance est pourtant à l’optimisme. Le dragster californien vient de jouer 246 matchs sur 246 possibles, il est jeune et l’avenir de la franchise repose sur ses épaules. Malheureusement, ce ne sont pas les épaules qui font défaut, mais plutôt le corps dans sa globalité. Après un sans faute sur ses 3 premières années, ce sont 81 matchs qui sont ratés sur les 3 suivantes.

Cela ne l’empêche toutefois pas de continuer à performer, notamment en 2003-2004. Cette saison est la meilleure pour Davis d’un point de vue statistique. Avec ses 23 points de moyenne et plus de 2.4 interceptions par match, il finit meilleur intercepteur de la saison et All-Star malgré 15 matchs manqués. Mais c’est à nouveau insuffisant en playoffs, les Hornets perdent le match 7 du premier tour et se font sortir. Il faut prendre une décision dans le front-office de la Nouvelle Orléans (oui on était à Charlotte tout à l’heure mais chez les Hornets on aime les changement). Cette décision est donc de transféré Baron Davis à Golden State contre Speedy Claxton et Dale Davis.

We Believe

B-Diddy rentre dans sa Californie pour jouer au côté de Jason Richardson. Ce sont les highlights de la NBA qui sont contents, un peu moins les médecins de Gloden State. Une grosse blessure a la cheville éloigne Baron Davis des terrains durant de nombreux matchs. Compliqué de rester optimiste quand on voit ses réceptions sur ses lay-ups improbables et ses dunks sur l’ensemble de la NBA. Mais s’il y a une qualité qu’il faut retenir, c’est bien la ténacité de Baron Davis. Jamais démoralisé, jamais fataliste par rapport à ses blessures, il parvient même à ré-effectuer une saison complète en 2007-2008. Avant cela, il fait partie du fabuleux run de We Believe pour venir à bout des Mavericks durant le premier tour des playoffs 2007, alors que les Mavs finissent premier de régulière et les Warriors 8e. Le baron est d’ailleurs le meilleur scoreur, le meilleur passeur et le 2e meilleur rebondeur de son équipe sur la série.

Retour à la maison et complications

A la free agency 2008, le Big Dizzle décide de rentrer chez lui à Los Angeles, chez les Clippers. Mais alors qu’il avait toujours réussi à se remettre de ses blessures tout au long de sa carrière, l’âge commence à faire son œuvre. Les blessures à la cheville et ses soucis d’articulations commencent à énormément pénaliser le joueur. Son explosivité et son côté athlétique commencent à diminuer et le peine de plus en plus à être impactant. En moins de 200 matchs durant les 3 saisons, il tourne tout de même à près de 15 points et 7,5 passes à LA. Mais le management Angelinos a toujours eu le nez fin et décide d’envoyer Baron Davis à Cleveland avec son pick (qui deviendra Kyrie Irving) pour libérer du cap.

Cependant, Baron ne fait clairement pas partie des plans des Cavs. Après seulement 15 matchs joués et 9 en tant que titulaire, il est envoyé dans la poubelle à contrat de la NBA, les Knicks. Avec New York, Baron fait encore quelques matchs, dont un en particulier en playoffs. Sur une course, Baron Davis s’écroule, tout le monde retient son souffle. Le bilan est sans appel : rupture complète du ligament croisé et partiel du tendon rotulien. Je ne suis pas médecin, mais à mon avis ça fait mal. Fin de carrière NBA pour Monsieur Baron Davis.

L’après NBA

Malgré tout, Baron Davis reste un joueur qui aime le basket plus que tout. Il tente donc un retour en G-League en 2016, pour un résultat très peu concluant. Il a donc profité de la grande idée d’Ice Cube, la Big Three League. En 2018 il arrive même en final contre l’équipe de Big Baby Davis (un somment athlétique entre deux Davis). Malheureusement, Cory Maguette avait décidé que Baron Davis devait gardé son armoire à trophée vide.

Mais homme de conviction, il ne lâche pas le basket et le nouvel objectif de Baron Davis est de rendre hommage à Kobe d’une façon bien précise : devenir coach.

On se souviendra d’actions d’éclats de Baron Davis, avec des circus shot et des tomars sur tout le monde. La plus légendaire restera l’enterrement en règle d’Andrei Kirilenko, l’AK47 devenu un paillasson l’espace d’une action. Malheureusement, il reste toujours cette image de loser puisqu’il n’a jamais atteint la finale de conférence. Un bonheur à voir jouer, mais trop fragile physiquement et avec un leadership douteux, voilà le résumé grossier de ce joueur.

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