Draft 2020 – Quel spot pour les joueurs français ?

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Illustration par Flo
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La draft NBA, c’est le 18 novembre prochain. Pour les prospects, le process a été plus que particulier, à cause des conditions sanitaires que l’on connaît. La saison NCAA a été arrêtée, tout comme les compétitions européennes. Enfin, un draft combine virtuel a été organisé, mais plusieurs joueurs attendus très haut ont préféré bouder l’événement. La cuvée 2020 est attendue comme une des plus faibles de ces dernières années. Beaucoup de choses pourraient donc arriver lors du grand soir. All Around se penche aujourd’hui sur les chances des trois joueurs français inscrits à la draft 2020 : Killian Hayes, Théo Maledon et Killian Tillie.

Killian Hayes : top 10 en vue… voire mieux ?

Le Français qui devrait être le premier appelé par Adam Silver est Killian Hayes. Mieux, il existe un scénario où le meneur de 19 ans devient le frenchy le plus haut drafté de l’histoire. Jusqu’ici, celui qui détient ce record est Frank Ntilikina, 8e choix en 2017. Plusieurs équipes surveilleraient de près son profil, et selon le joueur lui-même, une place dans le top 10 semble se profiler : « Mon agent m’a dit que je serai sélectionné entre 2 et 10 », a-t-il confié aux médias, au cours d’une conférence de presse sur Zoom.

Le profil

Meneur de jeu de grande taille (1m96), le principal point fort de Killian Hayes réside dans sa capacité à créer, pour lui comme pour les autres. Ça tombe bien, le playmaking est le talent le plus prisé dans la NBA actuelle. À Ulm (Allemagne) la saison passée, le natif de Floride a tourné à 11,6 points, 2,8 rebonds et 5,4 passes de moyenne, avec un pourcentage global plus que correct (48,2%). Une expérience à l’étranger réussie qui laisse espérer une bonne capacité d’adaptation outre-Atlantique. En défense, si ses fondamentaux restent à travailler, le potentiel est réel. En trente matchs l’an dernier, Hayes affichait 1,45 interception de moyenne.

Du côté des points négatifs, la principale interrogation des scouts concerne la capacité de l’ancien Choletais à jouer des deux mains. Pur gaucher, Hayes a encore du mal à bien utiliser sa main droite. Un défaut bien visible lorsqu’il est sous pression, et qui pourrait lui jouer bien des tours au plus haut niveau. De plus, s’il est bon finisseur près du cercle, le Français n’est pas réputé pour son tir extérieur (29,4% de loin l’an passé). Une faiblesse qui limite son potentiel actuel en termes de jeu sans ballon et de catch & shoot, mais rien qui ne soit gravé dans le marbre.

Les destinations possibles

Lors de sa conférence Zoom avec les médias, Killian Hayes a ouvertement révélé avoir passé des entretiens avec six équipes : les Warriors (2e choix), les Bulls (4e choix), les Pistons (7e choix), les Knicks (8e choix), les Wizards (9e choix) et les Spurs (11e choix). Selon les derniers rapports, il semble difficile d’imaginer le Français s’incruster sur le podium, où LaMelo Ball, James Wiseman et Anthony Edwards sont solidement installés. Doit-on cependant écarter l’idée de voir Hayes arriver à Golden State ? Pas totalement. En effet, plusieurs rumeurs font état de la volonté du front office des Warriors de revenir dans la course au titre, après une année catastrophique. Pour cela, le GM Bob Myers tenterait de trader son deuxième choix contre un joueur à-même d’apporter une contribution significative, et ce immédiatement. Descendre dans la draft, en milieu de top 10, ouvrirait alors la porte à une sélection d’Hayes.

Parmi les autres candidats, les Bulls pourraient bénéficier d’un créateur supplémentaire. Chicago risque de perdre Kris Dunn lors de la free agency, et le remplacer par Hayes, bien que les profils soient différents, pourrait séduire le nouveau patron, Arturas Karnisovas. Cependant, la franchise possède déjà deux meneurs établis avec Coby White et Tomas Satoransky. En cas d’arrivée dans l’Illinois, Hayes se retrouverait probablement en concurrence avec Ryan Arcidiacono.

Côté Atlanta, si la possibilité d’évoluer comme back-up de Trae Young est séduisante, les observateurs de la franchise semblent préférer Tyrese Haliburton. Selon Chris Kirchner, spécialiste des Hawks pour The Athletic, le meneur américain est plus à-même de compléter Young, grâce à un meilleur jeu sans ballon. Cependant, il faut également garder à l’esprit que l’organigramme d’Atlanta préférerait un meneur expérimenté au relais de sa jeune superstar. La possibilité de drafter Haliburton ou Hayes reste réelle, mais le spot de numéro 2 serait loin d’être assuré.

Finalement, le futur de Killian Hayes pourrait s’écrire aux côtés d’un autre français. Aux picks 7 et 8, Detroit et New York sont à la recherche d’un meneur de jeu, et il se murmure que les deux franchises hésitent entre le Français et Haliburton. Si l’un des deux n’est plus disponible, alors ni Troy Weaver, ni Leon Rose ne devraient hésiter. À Detroit, l’ancien Choletais retrouverait Sekou Doumbouya, et aurait un gros rôle à jouer dans une équipe en reconstruction, avec la possibilité d’apprendre aux côtés de Derrick Rose.

À New York, la concurrence serait plus présente, entre Frank Ntilikina, Dennis Smith et Elfrid Payton. Si le contrat de ce dernier n’est que partiellement garanti, difficile d’imaginer New York se séparer de son meneur le plus efficace l’an passé (10 points, 7,2 assists). Malgré cet embouteillage, les Knicks profiteraient du profil de Hayes, qui pourrait soulager R.J. Barrett à la création. Défensivement, une association 100% française avec Ntilikina serait pleine de promesses, en plus d’être plutôt complémentaire sur le papier.

Enfin, les Wizards sont l’ultime destination potentielle pour Hayes. Bien que les Spurs se soient renseignés, difficile d’imaginer le français tomber hors du top 10. Mais à Washington, comme à Atlanta, les insiders affirment que Tyrese Haliburton est le choix préférentiel. À nouveau, c’est la capacité de ce dernier à jouer sans ballon, aux côtés de John Wall et Bradley Beal, qui intéresse plus Tommy Shepard. Toutefois, l’immense majorité des mocks drafts voient Hayes ET Haliburton être sélectionné avant que Washington ne soit on the clock.

Le pronostic d’All Around

Entre la 6e et la 9e place

Théo Maledon : un prospect habitué au très haut niveau

Annoncé dans le top 10 de la draft en début de saison dernière, la cote de Théo Maledon a baissé. La faute à un exercice tronqué par une blessure à l’épaule, et des statistiques peu reluisantes : 7,3 points, 1,9 rebond et 2,7 passes décisives avec l’ASVEL. Malgré tout, le fait qu’un joueur de 18 ans soit un élément important d’une équipe d’Euroleague peut peser dans la balance. Le protégé de Tony Parker devrait être appelé en seconde moitié de premier tour.

Le profil

Un physique déjà adapté aux exigences du haut niveau et une éthique de travail exemplaire. Voilà les deux principaux atouts de Théo Maledon. Son panel technique est assez large : il peut porter le ballon comme jouer sans, son jeu de transition est déjà bon et il est de manière générale plutôt complet en attaque. Une homme à tout faire, bon en tout mais pas excellent. En défense, c’est un poil plus compliqué. Malgré son excellente envergure, le natif de Rouen souffre encore de sautes de concentration en match, et peine à bien défendre sur porteur de balle. Mais à nouveau, rien qu’il ne puisse corriger rapidement, afin de s’offrir une place dans une rotation NBA.

Les destinations possibles

Difficile de donner une estimation du placement de Maledon dans cette draft. Selon les diverses mocks drafts de sites spécialisés, le meneur pourrait monter jusqu’à la 15e place, au Magic. Ou tomber en 33e position à Minnesota. À l’heure actuelle, la tendance serait plutôt entre la 20e et la 25e place.

Dans cette fourchette, on retrouve notamment les Bucks. Intégrer immédiatement une franchise qui joue le titre serait évidemment bénéfique pour Maledon, au moins en termes d’expérience. Au niveau du temps de jeu, en revanche, il n’y aurait que peu de garanties. Eric Bledsoe et George Hill sont toujours là au poste 1, Donte DiVincenzo est également sous contrat. Côté free agents, on retrouve Pat Connaughton et Wesley Matthews. Mais surtout, les rumeurs affirment que les Bucks cherchent à échanger Bledsoe, afin d’offrir à Giannis Antetokounmpo un meneur capable de contribuer immédiatement à la quête d’une bague. Toutefois, il reste difficile d’imaginer que Maledon obtiendrait un rôle très important dans la rotation de Mike Budenholzer.

Une autre possibilité pour l’ancien joueur de l’ASVEL se trouve à Detroit. On le sait, les Pistons regardent de très près Tyrese Haliburton et Killian Hayes, avec leur septième choix. Mais ils possèdent également le pick 26. Alors pourquoi ne pas imaginer Maledon et Hayes former un trio de frenchy avec Sekou Doumbouya ? Au vu du vide considérable sur les lignes arrières de Dwane Casey (seuls Derrick Rose, Luke Kennard et Bruce Brown devraient revenir l’an prochain), drafter deux arrières ne serait pas un choix incongru. Detroit ne jouera rien la saison prochaine, ce qui laisserait présager un vrai temps de jeu pour Maledon.

Un peu plus bas dans la draft, on peut également garder un œil sur Toronto, avec le 29e choix. Tout comme Detroit, les Raptors souffrent d’un léger manque d’effectif sur les postes 1 et 2. Fred VanVleet est free agent et pourrait signer un très gros contrat ailleurs. Terrence Davies a été licencié après son arrestation pour coups et blessures sur sa compagne, le 28 octobre dernier. Ne restent que Kyle Lowry, qui ne rajeunit pas, Norman Powell et Matt Thomas. Au sein des schémas de Nick Nurse, Maledon aurait sans doute l’occasion de s’exprimer.

Enfin, d’autres franchises garderaient un œil sur le Français. En premier lieu, les Sixers (21e choix) pourraient se laisser tenter par un meneur complet au relais de Ben Simmons. Tim Cato et Saad Youssuf, journalistes de The Athletic spécialistes des Mavericks, prédisent un nouveau coup de poker de la part des… Suns. Après avoir drafté Cam Johnson avec le 11e choix l’an passé, James Jones pourrait-il à nouveau tenter un pari avec son 10e choix ? Tout semble indiquer que Phoenix recherche un meneur.

Le Jazz, avec son 23e choix, pourrait s’intéresser à Maledon, pour préparer l’après Mike Conley. Les Knicks également, s’ils venaient à rater le coche avec leur 8e choix, pourraient se rabattre sur le meneur de l’ASVEL avec le pick 28. Enfin, le Magic pourrait se pencher sur le profil du natif de Rouen avec son 15e choix. Michael Carter-Williams et D.J. Augustin sont free agents, et Orlando pourrait vouloir assurer le coup au relais de Markelle Fultz.

Le pronostic d’All Around

Entre la 23e et la 27e place

Killian Tillie : entre spacing et interrogations

Dernier français inscrit à la draft, Killian Tillie présente un profil bien différent de ses deux jeunes compatriotes. Plus âgé (22 ans), l’intérieur vient de passer quatre saisons dans l’un des meilleurs programmes NCAA : Gonzaga. Excellent shooteur au niveau universitaire, son historique de blessures conséquent pourrait cependant en effrayer plus d’un.

Le profil

Intérieur de 2m08 pour 99 kg, Killian Tillie possède un jeu taillé pour la NBA moderne. En quatre années à Gonzaga, le Français affiche un pourcentage de 44,4% à trois-points, avec tout de même une moyenne de 3,8 tentatives par match la saison dernière. Une capacité à écarter le jeu qui se combine à un QI défensif au-dessus de la moyenne. En clair, Tillie propose sur le papier le profil de « 3-and-D » qui fait fureur en 2020. S’il n’est pas un playmaker extraordinaire, et qu’il n’est pas forcément à l’aise pour défendre sur des arrières, le frère Kim Tillie est loin d’être un poids mort dans ces deux domaines.

Ce qui inquiète, en revanche, c’est sa durabilité. Ces deux dernières années, l’intérieur a souffert de plusieurs pépins physiques. En 2018-19, il n’a ainsi joué que 15 des 37 matchs des Bulldogs, avec un rôle considérablement réduit par rapport à 2017-18 (16,6 minutes contre 26,2 minutes). Redevenu titulaire l’an passé, il a tout de même raté neuf rencontres sur 33. Étant donné qu’il est l’un des joueurs les plus âgés de la cuvée, avec ses 22 ans, Tillie devrait plutôt être sélectionné au second tour.

Les destinations possibles

Virtuellement, n’importe quelle équipe devrait être intéressée par un intérieur shooteur, qui plus est solide en défense. Lorsqu’il est sur le terrain, Tillie apporte énormément. Tant et si bien qu’il pourrait prétendre à une place dans la rotation de beaucoup d’équipes, dès sa saison rookie.

Lorsqu’on se penche sur les mocks drafts des sites spécialisés, deux équipes reviennent : les Sixers, avec les picks 36 ou 49. Puis, les Warriors, avec les choix 31 ou 48. Pour Tillie, ce serait l’occasion de faire son entrée en NBA au sein d’une franchise ambitieuse. En Pennsylvanie, le fit serait d’ailleurs très intéressant, tant la capacité du français à écarter le terrain serait bénéfique. Cependant, avec le Camerounais, mais aussi Al Horford, Tobias Harris et Mike Scott déjà présents sur les postes 4 et 5, les minutes seraient chères.

Côté Warriors, on aurait bien besoin d’un intérieur. Draymond Green et Kevon Looney sont sous contrat, tout comme Eric Paschall, une des révélations de l’an passé. Alen Smailagic a très peu joué, mais n’est pas vraiment un shooteur. Dans le système de Steve Kerr, nul doute que Killian Tillie pourrait beaucoup apporter. Fort de quatre titres de conférence en NCAA, et d’une finale nationale lors de sa première saison à Gonzaga, le Français pourrait sans problème se fondre dans la culture de la gagne cultivée dans la Baie de San Francisco.

Une autre équipe qui pourrait s’intéresser à Tillie : le Magic, avec le 45e choix. Une arrivée en Floride pourrait faire sens, surtout si Orlando venait à tenter d’échanger Nikola Vucevic et/ou Aaron Gordon. Resteraient encore Mo Bamba, Khem Birch et Al-Farouq Aminu dans la rotation à l’intérieur. Aux côtés d’Evan Fournier (sous réserve qu’il exerce sa player option), Tillie pourrait facilement s’intégrer et apporter son tir extérieur à une équipe qui en a bien besoin. L’an passé, le Magic était 25e en termes de pourcentage de réussite à trois-points.

Le pronostic d’All-Around

Entre la 36e et la 40e place.

Illustration de Une par Flo

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