Les 12 travaux des Sixers – Partie 2

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Illustration par Flo

Dans la première partie de cet article, nous avons vu le chemin parcouru par les Sixers jusqu’à la Draft 2016 pour se reconstruire en perdant un maximum de match. Ce processus (ou The Process selon le nom déposé par les 76ers) a permis de récupérer des joueurs de qualité pour bâtir une équipe solide : Dario Saric, Ben Simmons, Joël Embiid ou encore Robert Covington. Mais, à partir de la saison 2016, Brett Brown et ses troupes ont eu une autre mission : essayer de gagner des matchs pour retrouver un peu le sourire en Pennsylvanie.

La Partie 1 : Les 12 travaux du Process

The Process : Phase 2

7) La Rookie Rules (2016-2017)

Les Sixers ont un principe bien établi en ce qui concerne les rookies. Il faut attendre que le joueur soit totalement prêt avant de le faire jouer. Si cette règle a fait patienter Joël Embiid pendant 2 ans, elle n’est pas pour autant prête de s’arrêter. Le prochain à y goûter est Ben Simmons, qui malgré des attentes extrêmement hautes sur son niveau de jeu, va regarder ses copains depuis le banc durant une saison. Ce sont deux autres joueurs qui vont débuter en temps que rookie : le très attendu Joël Embiid et Dario Saric. Mais, alors que le premier semblait être promis au titre de rookie de l’année après 30 matchs, sa santé le rattrape. Malgré les précautions prises pour ne pas le faire jouer les back-to-back, la santé du géant camerounais n’a pas tenu. Avec seulement 31 matchs joués trois ans après sa draft, Embiid interroge.

Les attentes vont aller vers un autre rookie. Dario Saric ne rate lui qu’un seul match et répond présent : 12 points, 6 rebonds et 2 passes en 25 minutes par match, ce qui lui permet même d’obtenir 36 titularisations. De plus, sa capacité à sanctionner de loin de manière assez correcte (31% pour sa saison rookie) montre qu’il semble être adapté à la NBA moderne. De quoi rassurer le management sur, au moins, un poste dans la raquette. Saric est même élu dans la All Rookie Team en fin de saison.

D’un point de vue collectif, l’amélioration peine à se voir. L’équipe possède le 27e bilan de la ligue et ni l’attaque ni la défense ne donne satisfaction. C’est une fois de plus la déception pour les fans, privés de leurs deux rookies stars et de victoire. De plus, Nerlens Noel ne donne pas satisfaction et part chez les Mavs contre Justin Anderson, Andrew Bogut et un pick.

8) Coup de poker avec Danny Ainge

La draft 2017 s’annonce spéciale pour plusieurs raisons. La première est la présence du fils de Lavar Ball dans celle-ci. Ce dernier qui clame à qui veut l’entendre que son fils jouera pour les Lakers. Cela semble donc clore la discussion autour du pick n°2. C’est le pick n°1, en possession des Celtics, qui pose question. Danny Ainge, le general manager de Boston semble avoir des doutes sur Markelle Fultz. Doutes que ne partagent pas Brian Colangelo. Le successeur de Sam Hinkie s’organise alors pour récupérer le premier choix. Il échange donc son pick numéro 3 et le premier tour 2019 des Sixers contre le premier choix de la draft.

Ainsi, Markelle Fultz arrive en Pennsylvanie pour compléter la liste des rookies fragiles au shoot douteux. Avec tous les seconds tours encore présents, le front-office sélectionne Jonah Bolden, Jawun Evans, Sterling Brown et Matthias Lessort.

9) Le retour des victoires et des playoffs (2017-2018)

Alors que Markelle Fultz passe sa première année sans jouer comme le veut la tradition, les fans retrouvent le sourire. Joël Embiid passe la barre des 60 matchs joués dans une saison et la saison “rookie” de Ben Simmons est époustouflante. Assez pour être élu rookie de l’année et contribuer au retour en playoffs.

Pour que ce retour soit possible, il a fallu une grande saison de tous les joueurs, notamment défensivement. En effet, la défense de la franchise est la 4e meilleure de la ligue. L’attaque est quant à elle moyenne, du fait du manque d’expérience des leaders offensifs supposés, ainsi que du manque de spacing. Pour remédier à ce manque d’armes à 3 points, Philadelphie fait son marché parmi les vétérans libres avant la trade deadline. Ersan Ilyasova et Marco Belinelli arrivent en Pennsylvanie, avec pour mission d’encadrer les jeunes en vue de playoffs et d’apporter leur adresse longue distance. Cette stratégie paye puisque les Sixers gagnent les 15 derniers matchs de leur saison et finissent 3es de la conférence, malgré un Embiid blessé pour les 7 derniers.

Il est mis au repos contre Miami lors des 2 premiers matchs du premier tour. Le premier match est remporté grâce à un excellent collectif, 5 joueurs à 17 points ou plus et plus de 64% de réussite sur les tirs à 3 points. Le second match est lui égaré à la maison avec un catastrophique 7 sur 36 de loin. Pour les 2 matchs en Floride, Joël Embiid revient et fait passer Hassan Whiteside pour un vulgaire plot. Le premier est en 23-7 sur le premier match, le second en 5-2 et ne joue que 13 minutes. Cela pousse même Whiteside à fustiger les choix de Pat Riley, ce qui ne plaira pas beaucoup à ce dernier. Après cela, et malgré deux derniers matchs serrés, Philadelphie s’impose 4-1.

Mais cette belle histoire du premier tour prend fin lorsque les Sixers sont opposés aux Celtics, sans l’avantage de terrain. L’écart se matérialise dès le premier match où, avec un trio Simmons – Embiid – Redick à 69 points, les Sixers s’inclinent de 16 points. La marche est trop haute pour les joueurs de Brett Brown, qui évitent le sweep grâce à une victoire arrachée dans le 4e match.

10) Enfin de la stabilité et de l’équilibre

Une intersaison avec moins de 5 picks à la draft n’est pas une intersaison réussie pour les Sixers. Heureusement pour eux, ils en avaient 6 et après des échanges avec un peu tout le monde, la franchise se retrouve avec Zhaire Smith, Landry Shamet et Shake Milton. Durant la free agency, JJ Redick est prolongé. Marco Belinelli et Ersan Ilyasova partent. Amir Johnson, Mike Muscala et Wilson Chandler arrivent. L’été est donc calme et on se prépare à voir ce que peut donner l’équipe avec l’intégration de Markelle Fultz et un semblant de continuité.

The Process : Phase 3

11) Audace et déception

Malheureusement, le semblant de continuité n’a pas les effets escomptés. Le 10 novembre, après 14 matchs, les Sixers ne sont qu’à 8 victoires. Est-ce que ça va s’arranger ? Est-ce que Brett Brown doit s’ajuster ? Doit-il continuer à coacher ? On peut tout-à-fait répondre qu’il est trop tôt dans la saison pour juger. Mais pas pour Elton Brand, qui lui n’a pas le temps d’attendre. Lorsqu’il voit les problèmes dans le Minnesota, il saute immédiatement sur le téléphone. Ainsi Jared Bayless, Robert Covington et Dario Saric croisent la route de Jimmy Butler et Justin Patton. L’équipe doit alors trouver des repères sans Covington et Saric, deux joueurs de “l’ombre” mais très importants. Jimmy Butler, nouvel arrivant, apporte des possibilités tout-à-fait différentes.

La mayonnaise a du mal à prendre et à la trade deadline, le management tente un nouveau mouvement d’envergure. Wilson Chandler, Mike Muscala, Landry Shamet et une armée de de picks partent vers L.A. En revanche, Tobias Harris, son meilleur ami Boban et Mike Scott arrivent à Philadelphie. Le lendemain, Markelle Fultz fait ses valises pour Orlando, échangé contre Jonathon Simmons. Enfin, James Ennis est récupéré contre un pick.

Cet assemblage montre l’objectif clair de la franchise : gagner tout de suite. Pour cela, l’équipe affronte les Nets au premier tour. Malgré un premier match où toute l’équipe passe à côté, à l’exception de Jimmy Butler, les Sixers remportent la série 4-1. Même si le game 4 se joue dans le 4e quart-temps, les joueurs de Brooklyn n’ont pas pu espérer longtemps. La domination d’Embiid se fait sentir sur la raquette des Nets et Philly se qualifie pour le 2e tour.

Tout le monde connaît le dénouement de cette série, indécise jusqu’au bout. Avec 35 points de moyenne sur la série, dont 45 dans le premier match, Kawhi a clairement été le meilleur joueur de la série, encore plus avec ce dernier shoot légendaire. Côté Sixers, la maladie de Joël Embiid l’a clairement rendu moins performant et cela a aussi impacté ses coéquipiers. Privés de leur point d’encrage, les joueurs des 76ers ont été moins adroits, surtout à longue distance. Sur la série, seuls Mike Scott et JJ Redick dépassent les 35% de réussite à 3 points.

12) L’heure des (mauvaises) décisions

Après des playoffs frustrants, le management a plusieurs dossier à gérer. Le premier, la draft, permet de faire venir Matisse Thybulle, Bruno Fernando et Marial Shayok. Fernando n’est pas gardé et est ensuite échangé contre Jordan Bone en provenance d’Atlanta. Le plus gros challenge est le passage par le marché des agents libres de Tobias Harris et Jimmy Butler, avec en plus la prolongation de Ben Simmons à préparer. Pour Tobias Harris, la négociation aboutit finalement à un contrat max. Il faut ajouter à cela le contrat de 109 millions d’euros sur 4 ans offert à Al Horford. Ce contrat ressemble à une signature panique après la perte de Jimmy Butler. En effet le management n’a pas réussi à le convaincre de rester et il part donc à Miami. Les Sixers parviennent toutefois à récupérer Josh Richardson.

L’effectif des Sixers ressemble donc à un effectif mal construit, inadapté à la NBA moderne. Et ça va se confirmer sur le terrain. L’équipe ne convainc pas en saison régulière. En playoffs, la déception attendue a bien lieu. Sans Ben Simmons, et malgré un Joël Embiid qui aura tout donné, la sentence irrévocable du balai tombe : 4-0. Merci, et au revoir.

Avec un nouveau management (Daryl Morey) et un nouveau coach (Doc Rivers), les Philadelphie 76ers vont être une attraction de la saison suivante. Avec une intersaison plutôt convaincante et cohérente avec la NBA actuelle, on a hâte de voir ce que ça peut donner !

Le résultat à l’instant T

Le Process fut un long fleuve pas très tranquille pour les 76ers mais il n’est toujours pas fini. Le point d’orgue de ce chemin de croix reste un shoot mythique qui bloque l’accès à la finale de conférence. Une question se pose : ce chemin de croix finira-t-il à l’église Larry O’Brien, ou finira-t-il en revenant à la case départ ? Seuls Pape Morey et archevêque Rivers ont la réponse.

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