Ces joueurs jamais All-Stars #2 : Rod Strickand, le meneur oublié des 90s

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Illustration par Enzo

Rod Strickland n’a jamais eu la chance d’être All-Star. Pourtant, le meneur a été une des références à son poste dans les années 90 et a même eu une nomination dans une All-NBA Team. Retour sur la belle carrière d’un des meilleurs passeurs de l’histoire.

Des débuts tumultueux

Rod Strickland, natif du Bronx, démarque en NBA en 1988 aux Knicks, sa franchise de cœur. Pour sa saison rookie, il va avoir un temps de jeu assez faible, moins de 17 minutes en moyenne, mais il parvient tout de même à montrer ses qualités. Le jeune meneur termine à 9 points et 4 assists de moyenne, ce qui lui permet d’être dans la All-Rookie Second Team. Mais les Knicks ont drafté l’année passée un certain Mark Jackson. En raison de cette concurrence, le jeune meneur va commencer à s’impatienter dès sa saison sophomore. Voyant que la cohabitation entre Mark Jackson et Rod Strickland impossible, les Knicks décident donc d’envoyer Hot Rod aux San Antonio Spurs contre Maurice Cheeks au milieu de la saison 1989-90.

Les Spurs sont bien contents de voir arriver Rod Strickland. Eux qui ont récemment drafté David Robinson, ils avaient cruellement besoin d’un bon meneur pouvant gaver de ballons leur jeune pivot et les autres joueurs. Rod Strickland qui a eu des débuts assez tumultueux à New York, doit maintenant se tenir à carreau. Mais il va de nouveau faire des siennes.

Pour ses premiers playoffs en tant que titulaire, il marque 12 points et réalise 11 assists en moyenne, mais la défaite dans le Game 7 contre les Blazers au second tour est pour lui. En effet, il rate une passe à l’aveugle puis fait faute sur Clyde Drexler sur la contre-attaque, ce qui scelle le résultat du match.

La saison suivante, Hot Rod se blesse au poignet en février. La raison ? Une bagarre dans un bar… Pour arranger les choses, il a même des problèmes avec la justice car il est accusé d’attentat à la pudeur. Cela fait beaucoup en l’espace d’un an et demi et ce n’est même pas la fin. Avant le début de la saison 1991-92, il va se brouiller avec la direction au sujet de son futur contrat. Il va alors manquer les 13 premiers matchs de la saison. Même si au cours de l’année, on voit que Strickland fait des progrès, le mal est déjà fait. Rod Strickland quitte San Antonio en 1992. Bien qu’en dehors des terrains, son comportement est plus que discutable, sur le terrain c’est très différent. Rod Strickland en 146 matchs avec les Spurs marque 14 points, réalise 8 assists et fait 2 interceptions en moyenne. Malheureusement pour lui, on retiendra plutôt ses déboires en dehors du terrain.

Une nouvelle franchise pour une nouvelle vie ?

Rod Strickland est free-agent en 1992 et signe un contrat de 6 ans avec les Blazers. Rick Adelman, coach à l’époque de Portland fait totalement confiance en son nouveau joueur. Dans l’Oregon, le meneur va enfin parvenir à mettre ses problèmes hors terrain de côté. Avec les Blazers, il va même accepter de sortir du banc si c’est pour aider son équipe à gagner. On va enfin pouvoir se concentrer seulement sur le joueur qu’il est.

Rod Strickland est un incroyable passeur, régulier et capable de superbes improvisations. Mais il est aussi un scoreur régulier, notamment en pénétration où il est le plus létal. D’ailleurs, il est surnommé Twirl (la toupie) pour sa capacité à tourner en l’air lui permettant de marquer ou de lâcher le ballon au bon moment. En plus, Strickland est un défenseur correct, capable de réaliser régulièrement des interceptions (1,5 de moyenne en carrière).

Lors de sa première saison avec Portland, La Toupie va avoir un rôle de sixième homme. Seulement 35 matchs disputés en tant que titulaire, mais 32 minutes sur les parquets en moyenne qui lui permettent de conserver sa production. Alors que les Blazers étaient finalistes l’an passé, ils se font sortir dès le premier tour par les Spurs. C’est lors de la saison 1993-94 que la production de Strickland augmente. Pour sa seconde saison avec Portland, le meneur termine avec 17 points et 9 assists de moyenne. En playoffs, les Blazers ne parviennent pas à passer le premier tour. Pourtant, Rod Strickland est excellent avec presque 23 points et 10 assists de moyenne sur la série.

Un niveau de All-Star et pourtant…

Devenu titulaire indiscutable avec les Blazers, Rod Strickland va pouvoir exploiter au mieux ses qualités au scoring et à la passe. Lors de sa troisième saison dans l’Oregon, il marque 19 points et délivre 9 assists en moyenne. En plus de ça, il ajoute 5 rebonds et 1,9 interception. Malgré ses statistiques très solides, il n’est toujours pas récompensé. Comme les années précédentes, Portland se fait sortir dès le premier tour des PO. Encore une fois, Strickland est excellent avec 23 points et 12 assists de moyenne !

La saison 1996-97 est la dernière de Hot Rod à Portland. Là encore, il va marquer 19 points et délivrer un peu moins de 10 assists en moyenne. Là encore, son équipe se fait sortir dès le premier tour des playoffs… Après 4 belles années à Portland, Rod Strickland est échangé aux Bullets avec Harvey Grant contre Rasheed Wallace et Mitchell Butler. Par deux fois, il a réalisé 20 assists en un match, ce qui reste le record de la franchise. Il détient aussi la meilleur moyenne de passes décisives des Bullets. Selon Hot Rod, son passage aux Blazers restera le meilleur de sa carrière.

Aux Bullets, qui vont changer de nom pour la saison 1997-98 pour Wizards, Rod Strickland rejoint Chris Webber et Juwan Howard. Sa première saison est très semblable à celle avec les Blazers. Le meneur termine la saison avec une moyenne de 17 points et 9 assists et une élimination dès le premier tour en playoffs. Lors de la saison 1997-98, Rod Strickland va finir meilleur passeur de la ligue avec 10,5 assists de moyenne ! Il ajoute à cela 17,8 points, 5,3 rebonds et 1,7 interception en moyenne. Cela lui permet d’être dans la All-NBA Second Team. Malgré ça, il n’est pas All-Star. Il va aussi réaliser une prestation historique en février 1998. En effet, il termine un match face aux Warriors avec 21 points, 12 rebonds et 20 assists ! Seuls Russell Westbrook, Wilt Chamberlain, Magic Johnson et Oscar Robertson ont réalisé un 20/12/20. Dans le même match, Tracy Murray va marquer 50 points, son record en carrière. Mais la forte concurrence à l’Est empêche les Wizards d’accéder aux playoffs. C’est donc la première fois de sa carrière que Hot Rod manque les PO.

Le début du déclin

Lors de la saison 1999, Rod Strickland réalise sa dernière bonne saison. Il termine avec presque 16 points et 10 assists de moyenne. L’année suivante, sa production baisse et encore plus lors de la saison 2000-01. Rod Strickland est alors coupé en mars 2001. Il signe alors aux Blazers où il récupère un rôle en sortie de banc avec peu de minutes à la clef. Il va pouvoir disputer les playoffs avec les Blazers, ce qui ne lui était pas arrivé depuis sa première année à Washington. Mais comme souvent dans sa carrière, son équipe ne passe pas le premier tour. Après ce court retour aux Blazers, Strickland signe au Heat. Ce sera sa dernière saison en tant que titulaire. À partir de cette saison, Hot Rod va faire le tour du pays. Après Miami, il va à Minnesota la saison suivante puis à Orlando et Toronto. Il va finalement prendre sa retraite en 2005 après un court passage aux Rockets.

Rod Strickland reste l’un des meneurs les plus sous-estimés de son époque. Joueur spectaculaire, le meneur aura fait les beaux jours de Portland et Washington. Malheureusement, ses écarts hors terrain l’ont suivi toute sa carrière. C’est probablement une des raisons du manque de reconnaissance envers Hot Rod.

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