Philadelphia 76ers : avec une équipe bien construite, c’est mieux

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Illustration par Enzo

Après un long Process rencontrant de multiples péripéties, les Sixers ont montré un visage décevant la saison passée. L’élimination 4-3, au bout du suspense, en demi-finales de conférence en 2019 semblait lointaine pour Joel Embiid et les siens. Daryl Morey a donc fait le tri cet été. Le fraîchement nommé président des Opérations basket a remercié Brett Brown, échangé Al Horford, rétrogradé Elton Brand, puis engagé des joueurs comme Seth Curry, Danny Green et Dwight Howard. J’étais convaincu par l’intersaison des Sixers, à tel point que je les voyais truster le podium et gagner des trophées en fin de saison. Ce début de saison encourageant confirme mes pronostics.

Toutes les statistiques ont été arrêtées au 3 janvier 2021, l’article ayant été écrit ce jour.

Avec 5 victoires pour 1 défaite (avec le franchise player Joel Embiid mis au repos lors de cette grosse débâcle contre les Cavs), les Sixers sont en tête de la conférence Est, et plus largement en tête de la NBA (à égalité avec les Phoenix Suns). Avant d’analyser ce début de saison réussie, je tiens à remettre les points sur les i : oui, les Sixers ont bénéficié d’un calendrier relativement facile (Wizards, Knicks, Cavaliers, Raptors, Magic, Hornets). Selon le SOS (Strength Of Schedule), qui calcule la difficulté du calendrier NBA de chaque équipe, Philly a eu le 19e calendrier NBA le plus dur. Ce n’est donc pas pour autant qu’il faut minimiser ce début de saison abouti.

« L’attaque fait lever des foules mais la défense fait gagner des titres. »

Cette citation de Michael Jordan, devenue un adage, est vraie. Quasiment aucune équipe en dehors du top 10 des meilleures défenses NBA en saison régulière n’a gagné le titre à la fin de la saison. Les Sixers sont bien partis puisqu’ils ont la meilleure efficacité défensive (Defensive Rating) de la ligue actuellement, avec, en moyenne, moins d’un point par possession encaissé.

La première explication est très simple : Philadelphie est l’équipe qui défend le mieux les tirs pris dans sa raquette et l’équipe qui contre le plus de tirs (par match et en pourcentage de tirs). Avec la défense des tirs à 3 points (où ils sont dans la moyenne NBA), la défense des tirs près du cercle est l’une des clés dans la NBA actuelle car c’est une zone très rentable offensivement.

En parlant de rentabilité offensive, le jeu en transition est l’une des catégories les plus rentables en attaque. Là aussi, les Sixers y excellent défensivement (2e NBA). C’est d’autant plus remarquable que la transition est une des trois composantes phares de l’attaque NBA. Les deux autres sont le Spot Up (les tirs de champ) et le Pick And Roll porteur de balle. Dans ces deux Playtypes, les 76ers défendent aussi très bien : 4e du PnR et 13e du Spot Up.

Sur le plan défensif, ce qui est impressionnant avec cette équipe des Sixers, c’est la quantité de joueurs très bon défensivement. Déjà, l’axe 1 – 5, Ben Simmons – Joel Embiid est exceptionnel mais Danny Green, Seth Curry, Tobias Harris, Dwight Howard, Matisse Thybulle et surtout Shake Milton ne sont pas en reste. Les 5 cités sont au pire des défenseurs moyens, au mieux (comme Milton) des défenseurs de niveau élite.

En attaque, la moyenne et c’est déjà pas mal ?

Pour savoir où se situe l’attaque des Sixers sur ce début de saison, le titre de la section est assez explicite : dans la moyenne NBA. C’est la 17e attaque la plus efficace. Avec Joel Embiid, ils disposent d’un joueur extrêmement dominant sous les cercles. L’attaque passe pas mal par lui, via son jeu dos au panier. Cela a beaucoup de bons côtés : 1,13 point par possession quand il est servi dos au panier, 30 % du temps il va sur la ligne des lancers, il score 57,5% du temps ; mais un mauvais côté symptomatique de l’attaque des 76ers : un quart du temps, il perd la balle.

En effet, c’est le gros défaut de cette équipe. Philly est la 3e équipe qui perd le plus la balle (28e au TOV%). Joel Embiid n’est pas le seul fautif avec ses 2,8 ballons perdus par match. Le principal responsable se nomme Ben Simmons avec ses 3,7 pertes de balle par match. C’est principalement sur du jeu en transition qu’il égare la gonfle. D’ailleurs, c’est, notamment à cause de cette maladresse de Simmons avec le ballon que les Sixers sont en-dessous de la moyenne NBA sur le jeu rapide.

Outre le post up et la transition, l’attaque de Philadelphie utilise fréquemment Ben Simmons en porteur de balle sur le Pick And Roll. Le schéma est le suivant : Simmons prend un écran (en général de Joel Embiid), essaie de s’engouffrer dans la brèche pour attirer l’aide et ressortir sur un tireur ouvert à 3 points (Seth Curry, Tobias Harris, Danny Green etc.). Sur le Spot Up, les Sixers sont d’ailleurs dans la moyenne NBA, et malgré les faibles qualités de scoring de l’Australien sur le Pick And Roll porteur de balle (95 % des joueurs NBA font mieux que lui), les 76ers sont dans la moyenne NBA grâce à Seth Curry (élite depuis le début de saison sur ces séquences), Shake Milton et Tyrese Maxey.

Pour finir, en cas de tir raté, l’attaque des Sixers n’est pas terminée. Effectivement, l’équipe est la 6e meilleure de la NBA au rebond offensif. Ils profitent bien évidemment des qualités de Joel Embiid, Dwight Howard et Ben Simmons au rebond. Avec cela, ils ont donc de multiples secondes chances.

Malheureusement pour eux, et à l’inverse de leur défense, il est difficile d’imaginer l’attaque des Sixers aller bien plus haut cette saison. Il leur manque un joueur extrêmement dominant offensivement sur les lignes extérieures. Ce n’est pas un hasard si Luka Doncic, Damian Lillard, Kawhi Leonard, James Harden et Jayson Tatum faisaient partie de 5 des 6 meilleures attaques NBA la saison passée. Ce joueur est-il Ben Simmons ? Saura-t-il, à terme (3 ou 4 ans), continuer à progresser au tir pour s’inscrire dans ce gotha ? C’est sur cette question que repose (certainement) l’avenir des Philadelphia 76ers.

Sources : NBA.com, ESPN, basketball-reference.com

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