Les Suns ont-ils trouvé la recette magique ?

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Illustration par Enzo

Cela faisait plusieurs années que le soleil faisait grise mine dans l’Arizona, mais cette triste tendance semble révolue depuis ce début de saison. Hype et cactus ne faisaient plus qu’un depuis la bulle d’Orlando, et l’intersaison menée par James Jones n’a fait que confirmer le nouveau statut de Phoenix. Les Suns sont sur un bilan de 5-2 sur ces premiers matchs. Comment expliquer cette tendance ?

Le vent de hype qui circule entre les cactus des déserts d’Arizona date depuis la saison dernière. Pour rappel, les Suns étaient l’attraction de la bulle d’Orlando puisqu’ils sont restés invaincus. Si cette performance n’a pas suffit à décrocher un ticket pour les playoffs, il n’en fallait pas moins pour mettre au grand jour le potentiel de cette équipe. Pour confirmer ce potentiel, c’est James Jones, General Manager des Suns, qui avait les cartes en mains pour réaliser une bonne intersaison. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec entre autres les signatures de Chris Paul, Jae Crowder mais également les précieuses prolongations de contrat de Dario Saric et Jevon Carter, c’est chose faite. La première mission a été respectée par le front office : il fallait entourer Devin Booker et donner assez de munitions à Monty Williams pour construire quelque chose de cohérent.

Fin des transferts, c’est au tour de Coach Williams et des joueurs de gagner des matchs désormais. À l’inverse d’Atlanta, qui a un projet similaire à celui de Pheonix et qui gagne ses matchs en marquant plus de points que l’adversaire, les Suns eux, gagnent leur matchs en encaissant moins de points…

(Statistiques arrêtées au 04/01/2021)

Mikal Bridges, fer de lance de l’excellente défense des Suns

Et s’il y a bien un joueur qui s’illustre dans le domaine de la défense chez nos amis de l’Arizona, c’est Mikal Bridges. Depuis le début de la saison, l’ailier de 24 ans a mis dans ses poches pas mal de ses adversaires, et pas n’importe qui. Sur ses sept premiers matchs, les Suns ont affronté deux fois les Nuggets, deux fois les Kings, et une fois les Mavs et les Pels ainsi que les Clippers. Résultat des courses : un bilan de cinq victoires et deux petites défaites, mais surtout un statut d’équipe encaissant le moins de points, avec une toute petite moyenne de 100,6 points encaissés par match. Les Suns ont également le troisième defensive rating de la ligue avec 103,4 points encaissés pour 100 possessions. Vous l’aurez compris, face à la défense des Suns, qui s’y frotte s’y pique.

Mais revenons un instant sur Mikal Bridges, figure de cette tendance défensive très forte chez les Suns. S’il est impossible de mettre de côté l’effort collectif qui fait la force de la défense des Suns, il est également impossible de ne pas donner une grosse partie du mérite à Bridges. De Doncic à Ingram en passant par Mitchell, tout le monde s’est cassé les dents. Bridges fait preuve d’une grande polyvalence en ce début de saison. Bien aidé par son envergure, il donne l’impression de pouvoir stopper tout le monde ou presque.

Bridges lockdown, mais personne ne le lockdown

Avec quasiment, un contre et une interception par match en moyenne, il est le moteur défensif de ces Suns. Il suffit de regarder les stats des joueurs cités plus haut face à Phoenix, pour comprendre l’impact de la défense des Suns. Sur la double confrontation face aux Kings, Buddy Hield repart avec un joli 10/30 au tir et 4/16 à trois points. Ingram avec 13 points, 1/5 à trois points et 4 ballons perdus. Et enfin Mitchell à 9/23 au tir, 3/8 à trois points et trois petites pertes de balle pour couronner le tout. Voilà quelques chiffres qui permettent de voir l’impact de la défense de Phoenix sur leurs adversaires en ce début de saison.

La progression de Bridges sur cette saison ne se mesure pas qu’à son apport défensif, de l’autre côté du terrain les améliorations sont largement visibles. Sur la saison 2019-2020 l’ailier shootait à 51% au tir et 36% à trois points, cette année Mikal est à plus de 49% de réussite au tir et 46% du parking. Ce n’est pas pour rien qu’il est le deuxième scoreur de l’équipe derrière Booker. Si l’on reprend les stats du match d’ouverture face à Dallas, on s’aperçoit que les difficultés de Chris Paul au scoring, avec seulement 8 petits points à 3/9 au tir et 0/2 de loin sont largement comblés par la performance de Bridges et ses 18 points grâce à un 4/4 de loin. Mikal a plus de responsabilités, il les assume, et ça tourne plus que bien en ce début de saison.

Bonne hiérarchisation, tirs de champ et pas de précipitation : les clés de l’attaque des Suns

Bien plus que la progression de Bridges qui est plaisante à observer, c’est tout le fonctionnement de l’effectif qui est intéressant. Si l’on a pu trouver que Booker se retrouvait assez fréquemment seul au monde les saisons passées, ce n’est plus le cas cette année. La première statistique qui permet de constater cela est la distribution des tirs chez les Suns. Sans surprise c’est Booker qui prend le plus de tirs avec en moyenne 16 tirs par match, contre 18 l’an passé. Viennent ensuite Chris Paul et Bridges avec 11 et 10 tirs par match respectivement. La grande nouveauté chez les Suns est l’utilisation diminuée de Deandre Ayton. Sur la saison passée le pivot était la deuxième option offensive chez les Suns avec 15 tirs par match, cette saison il ne prend plus que 10 tirs par match tout en conservant une réussite moyenne aux alentours de 55%.

Offensivement les rôles sont parfaitement définis et les joueurs s’y tiennent comme il se doit. Pour finir d’illustrer la solidité des joueurs qui entourent désormais Booker il faut se pencher sur la 5e roue du carrosse en la personne de Jae Crowder. Un véritable soldat de l’ombre, ses statistiques sautent moins aux yeux que celles de ses coéquipiers mais son apport n’en est pas moins important. Avec 10 points et 5 rebonds par match, l’ancien du Heat complète parfaitement ce 5 de départ très cohérent en respectant son rôle et en étant efficace des deux côtés du terrain.

Fini le 7 Seconds Or Less, maintenant on prend son temps

Maintenant que les rôles sont connus il ne reste plus qu’à analyser comment l’équipe avec le 11e offensive rating a réussi à remporter 5 de ses 7 premiers matchs. Le premier chiffre intéressant est celui de la réussite aux lancers-francs, les Suns sont deuxièmes de la ligue avec 82,2% de réussite dans ce domaine. En moyenne, Phoenix est l’équipe la plus efficace sur les Spot Up (les tirs de champ) en attaque, une catégorie du jeu que l’on voit assez fréquemment bien exécutée grâce aux bons décalages créés par Devin et CP3. L’efficacité de ce type d’action est presque indissociable de l’attaque des cactus, sur les 108 points qu’ils inscrivent en moyenne par match, 35 surviennent sur des Spot Up.

Les Suns ont également tendance à ne pas se précipiter dans la construction de leurs attaques, on l’a vu lors du come-back des Nuggets, Phoenix n’a pas dénaturé son jeu et ne s’est pas rué sur des attaques écourtées inutilement. Conclusion : Phoenix est l’équipe qui prend ses shoots le plus tard de toute la ligue, plus de 13% de leurs offensives se concluent entre 0 et 4 secondes avant que l’horloge ne sonne. Par conséquent, c’est la 2e équipe qui joue le plus lentement de toute la ligue, avec 97,36 possessions jouées par match en moyenne (la PACE).

Défaites évitables et conclusion

Seule ombre au tableau pour l’instant : ces deux défaites qui auraient pu être évitées face aux Kings 106-103, et aux Clippers 112-107. Rien d’alarmant certes, mais la fin de match n’a pas été aussi bien gérée qu’il l’aurait fallu face à Sacramento. Et face à Los Angeles, les Suns n’ont pas su concrétiser un gros comeback. À côté de ça, Phoenix a fait le plein de victoires face à des équipes très sérieuses. Ce très bon début de saison permettra sûrement à Booker & co d’appréhender avec plus de sérénité la fin de saison, au moment où chaque petite victoire vaudra de l’or.

Pas de conclusions hâtives bien sûr, ce n’est que le début de la saison. Mais cela faisait bien longtemps que le projet n’avait pas été aussi solide chez les Suns. Les joueurs semblent concernés et Monty Williams a entre ses mains un effectif qui allie à la perfection jeunesse et expérience. Cette équipe de Phoenix est agréable à regarder jouer. Nul doute que si elle continue de monter en puissance, les fans des Suns auront de beaux jours ensoleillés devant eux.

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