Les Bonnes Mauvaises Affaires #3: L’affaire Kawhi 2011, ou la démonstration de R.C. Buford

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Si comme nous à All Around – NBA vous suivez la NBA depuis un petit moment déjà, vous devez sûrement avoir quelques exemples en tête si je vous parle des bonnes pioches de trades. Dans cette série on vous parlera de trades qui ont marqué l’histoire ou qui ont permis de fortement renforcer une équipe, alors que sur le papier elle partait perdante de ce trade.. Vous me suivez ? Peu importe, installez vous et préparez vous pour le récit historique de papi.

Alors, avant de vous raconter ce trade et ses détails, laissez moi vous remettre dans son contexte. Premièrement, Indiana en 2010-2011, c’est quoi ? A part “pas grand chose”, je ne saurais quoi vous répondre. Une équipe composé d’un seul All-Star récent (Danny Granger, étoilé en 2009 à Vegas) ou de stars en puissance comme Paul George ou Lance Stephenson (tous deux rookies cette saison-là) car oui, peu importe les stats de Stephenson, c’est une star. Avec Darren Collison à la mène, les Pacers avaient besoin de plus de solidité sur ce poste pour viser plus haut qu’une 8ème place à l’Est (et une rouste par les Bulls au premier tour, oui cet article est à remettre dans le contexte de l’époque). Et c’est là que la draft 2011 intervient, pour possiblement permettre aux Pacers de recruter un bon extérieur avec le 15ème spot. Entre nous, 2011 est la meilleure draft depuis celle de LeBron en 2003, niveau talent disponible. Certains bons extérieurs étaient disponibles, même après le 15ème choix (Jimmy Butler, Isaiah Thomas pour ne citer qu’eux) et auraient pu fortement aider les Pacers. Mais leur choix fut tout autre, et heureusement pour nous j’ai envie de vous dire…

De leur côté, les Spurs de 2011 c’est une équipe qui malheureusement commence à vieillir mais à mal vieillir. Eux qui ont roulé sur la NBA pendant les années 2000 (3 titres en 10 ans c’est un beau score) se retrouvent en bout de souffle à la fin des 2000’s : leurs dernières finales remontent à 2007 (4-0 VS Cavs) et les stars que sont Duncan, Parker et Ginobili perdent autant de cheveux que les Bobcats gagnent de matchs. Malgré des bonnes régulières, toujours au-dessus des traditionnelles 50 victoires, ils patinent en playoffs et ne dépassent pas les demis finales de conférence entre 2008 et 2011. Bref, pour le management texan, il est temps de préparer l’après “Tres Amigos”. Ils proposent donc quelques éléments en vue d’obtenir un choix de draft sur lequel ils pourraient miser pour leur avenir. Et par la même occasion, ils veulent obtenir un élément qui leur permettra de rester compétitif sur les prochaines années à venir. Il leur faut donc essayer de drafter un ailier, leur seul poste faible au niveau du roster. Ils peuvent notamment donner en échange un certain George Hill, meneur remplaçant de TP qui pourrait intéresser de nombreuses équipes. Si vous réfléchissez vite, vous pouvez voir l’échange qui se profile…

Le soir de la draft 2011, les Pacers draftent Kawhi Leonard en 15ème position. Aussitôt drafté, des rumeurs se profilent autour d’un trade entre les Spurs et les Pacers incluant le 42ème choix de cette même draft. Dans la nuit, Woj Bomb (pas à l’époque mais aujourd’hui ça le serait) qui annonce “officiellement” ce trade. A l’époque, BasketUSA parle de Leonard comme “un ailier spécialiste défensif qui peut rendre de grands services aux Spurs”, ils ne se trompaient pas mais on ne pouvait pas encore prévoir l’impact de Kawhi sur cette franchise.

Bilan du transfert :

  • Les Spurs envoient : George Hill
  • Les Pacers envoient : Kawhi Leonard, Davis Bertans

Le prédécesseur de Kevin Pritchard à peine le téléphone raccroché à dû se rendre compte de l’erreur commise. En effet, loin de moi l’idée de dire que George Hill n’est pas un bon meneur, au contraire il nous l’a démontré au cours des dernières années. Mais quand même drafter Kawhi Leonard, il faut en profiter. Ce que les Spurs ont fait. Et dès la saison suivante, l’effet Leonard se fit ressentir et pour cause. 50 victoires en régulière plus tard (le minimum syndical des Spurs), les Texans sortent les crocs en playoffs et atteignent les Finales de Conférence (une première depuis 5 saisons), dans lesquelles ils s’inclinent contre le Thunder de Durant, Westbrook et Harden, en route pour leur première (et dernière finale) ensemble. Les Finales furent retrouvées en 2012-2013 où ils se firent crucifiés au buzzer du Game 6 par Jésus (avant de perdre le match 7), dans une Floride en fusion. On pouvait déjà sentir l’impact immense de Kawhi qui n’a pas été ridicule du tout contre King James, surtout au niveau défensif sur une série de 7 matchs. Après avoir (outrageusement) dominé cette série, malgré un choke sur les derniers matchs, les Spurs ont une envie de revanche immense.

Et personnellement, je ne vous conseille pas de les contrarier quand ils sont comme ça (personne n’y arrivera d’ailleurs). Une régulière 2013-2014 royale, mené par un quatuor TP (32), Gino (36), Kawhi, Timmy (37) infernal malgré son âge. Ils terminent avec le meilleur bilan de la ligue et une série d’invincibilité sur le mois de mars et 19 victoires d’affilée (record de franchise). Ils passent Dallas en 7 au premier tour, puis les Blazers au second en 5 et enfin, les vieux briscards passent le Thunder de Durant et Westbrook en 6 matchs. Après une saison extrêmement sérieuse, embellie par un basket ultra collectif, les Spurs reviennent en finales et n’ont toujours pas oublié Ray Allen et son shoot ultra clutch. Ce collectif emmené par un Kawhi Leonard monstrueux sur toute la série et particulièrement au Game 3 (29 points et la victoire au Heat) et 4 (20 points et 14 rebonds encore une fois en Floride). Il est logiquement élu MVP des Finales, ce qui fait de lui le second plus jeune de l’histoire derrière un certain Magic. La côte de Kawhi monte incroyablement, et ses finales ne sont qu’un avant goût de sa capacité défensive. En effet, défenseur de l’année en 2015 puis 2016, il est également un membre permanent des équipes All-NBA et finit 2ème au vote du MVP en 2016 derrière Curry suite à la meilleure saison régulière de l’histoire des Spurs et 67 victoires. Il y a quelques semaines en Juillet 2018, suite à une mauvaise entente entre Leonard et l’organisation texane, il fut transféré à Toronto contre DeMar DeRozan. Nous aurons plus d’informations sur qui sera le “vainqueur” du trade Kawhi-DeRozan dans quelques mois/années.

Quoi que devienne la suite de la carrière de Kawhi, les Spurs sont 1000 fois gagnants de ce trade : un joueur (plus que) complet, excellent défenseur, sniper, MVP des Finales, 2x défenseur de l’année et qui redonne une place aux Spurs en playoffs après 5 années de moins bon, ça c’est du trade génial et inspiré, comme toujours, par le génial Buford qui même avec des cacahuètes transforme une équipe performante en machine de guerre collective. Pour l’anecdote, Pop était plus réticent à faire cet échange car il appréciait beaucoup George Hill.

Côté Pacers, on a du mal maintenant à comprendre ce trade et on imagine déjà un possible tandem Kawhi-PG13 qui aurait pu être infernal. Mais à l’époque, les Pacers n’ont pas besoin d’ailiers et au contraire, ils ont Paul George, drafté 1 an auparavant. Mais surtout, ils ont Danny Granger, All-Star en 2009 et qui tourne à 21.3 points de moyenne la saison pré-draft, qui est logiquement le franchise player d’Indiana. Ils aimeraient apporter un peu plus de poids à la mène et George Hill est le joueur parfait, collectif et 6e homme idéal qui pourrait jouer devant Darren Collison. Les Pacers réalisent donc ce trade mais doivent encore aujourd’hui s’en mordre les doigts quand on pense à ce qu’est devenu Danny Granger et le départ de Paul George pour l’Oklahoma il y a 1 an.

George Hill poursuit encore sa carrière aux Cavs et Kawhi, lui, est une des très grandes interrogations de la saison prochaine et son avenir, lui qui est agent libre, l’année prochaine.

Côté Spurs, est-ce que le duo DeRozan-Aldridge fera oublier aux fans texans Kawhi Leonard et Tony Parker ? That’s the question…

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